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BluRay et le fiasco des DRM

Friday, March 21st, 2008
09-F9-11-02-9D-74-E3-5B-D8-41-56-C5-63-56-88-C0

Vous vous souvenez peut-être lorsqu’il en juin dernier je vous parlais de la chaîne de caractères 09-F9-11-02-9D-74-E3-5B-D8-41-56-C5-63-56-88-C0, qui permettait le décryptage des HD DVD, et de comment les majors du cinéma prometaient de faire censurer tous les sites qui en parlaient. Aujourd’hui, quelques mois après, une simple recherche Google nous ramène plus de 200 000 sites qui expliquent la signification de ces caractères hexadécimales. Joli constat d’échec pour ces censeurs en herbe…

09-F9-11-02-9D-74-E3-5B-D8-41-56-C5-63-56-88-C0 dans Google

Le paragraphe précédente pourrait servir d’introduction à un autre billet, que j’ai envie de faire des le début de la semaine, et que je n’ai pas trouve le temps de rédiger avec sérénité. Un billet qui parlerait du rôle d’internet dans la diffusion d’information et de comment vouloir effacer une information du net en utilisant l’intimidation va servir surtout à que cette information se propage de plus en plus. Oui, vous avez peut-être compris, je voulais parler de l’affaire Fuzz, car moi non plus, j’aime pas Olivier Martinez. Et je ne suis pas le seul, comme les plus de 10 000 résultats donnés par Google le montrent.

Mais je ne vais pas parler de Olivier Martinez, qui pour moi est un acteur de deuxième rang dont la filmographie est plutôt mauvaise, ni de comment grâce à sa façon maladroite de gérer la crise, il réussi à faire que toute la blogosphère parle de lui. Je laisse ça pour un autre billet. Je vais vous parler à nouveau des DRM et d’une suite très attendu de l’affaire du décryptages des HD DVDs.

Lors de l’affaire 09-f9-11-02-9d-74-e3-5b-d8-41-56-c5-63-56-88-c0, la BluRay Disc Association, le conglomérat d’entreprises derrière le format BluRay, ont voulu profiter de la situation pour marquer des points dans la guerre des formats HD qui les opposait au HD DVD Promotion Group.

Ils ont donc bombé le torse et en juillet 2007 ils ont déclaré, par la bouche d’un très convaincu mais pas trop convaincant Richard Doherty :

“BD+, unlike AACS which suffered a partial hack last year, won’t likely be breached for 10 years”

BD+ est la technologie de DRM utilisé dans les disques BluRay, et les créateurs de BluRay étaient donc convaincus de son inviolabilité. Aujourd’hui, la réalité les a montré qu’ils se trompaient, les 10 années sont devenues à peine huit mois.

Hier la compagnie de software SlySoft a annoncé dans une note de presse que la nouvelle version de leur logiciel AnyDVD permet de faire des copies de sauvegarde des disques BluRay.

“Richard Doherty of the Envisioneering Group will have to revise his statement from July, 2007 regarding BD+: “BD+, unlike AACS which suffered a partial hack last year, won’t likely be breached for 10 years”. It is worth mentioning that since he made that statement only eight months have gone by (…) Admittedly, we are not really so fast with this because actually we had intended to publish this release already in December as promised. However, it was decided for strategic reasons to wait a bit for the outcome of the “format war” between HD DVD and Blu-ray.”

Comme quoi, encore une fois, les DRM montrent leur échec…

Je profite de l’occasion pour rappeler ma position face aux DRM, car je ne veut pas être malinterprété. Je respecte les droits d’auteur et je ne soutiens pas le piratage (d’ailleurs cela est une des raisons pour lesquelles j’utilise presque exclusivement des logiciels libres, en toute légalité). Les DRM tels qu’ils sont employés aujourd’hui ne servent pas à lutter contre le piratage (car ils sont systématiquement craqués), mais seulement à mettre des barrières à l’utilisateur final qui lui empêchent de faire une utilisation complètement légitime et légale des films et de la musique qu’il a légitimement acquis.

Cette fois je n’ai pas une seule source, sinon plusieurs : Slashdot, Boing Boing et le toujours excellent Enrique Dans

Pourquoi la DRM est un piège à éviter ? Le cas Google Video Store

Thursday, August 16th, 2007

Je reviens à la charge sur un sujet sur lequel j’ai déjà parlé plusieurs fois (certains diraient “déblatéré beaucoup trop” ;) ) : les DRM (ou la GND, Gestion Numérique des Droits, en bon français).

Lorsque vous achetez en ligne un contenu soumis à la GND (par exemple un vidéo sur iTunes, ou une chanson sur Zune Store), vous téléchargez dans votre ordinateur un fichier que vous ne pouvez pas utiliser quand et comment vous voulez. En effet, pour pouvoir profiter du contenu du fichier (regarder la vidéo, ou écouter la chanson), votre machine doit d’abord contacter le serveur du vendeur pour recevoir l’autorisation. Pas trop grave, vous pouvez vous dire, puisque vous êtes l’acheteur légitime et votre maneouvre va être autorisée sans problème. Pas trop grave… sauf quand cela le devient.

Aujourd’hui je vais vous raconter une histoire vraie qui montre pourquoi la GND est un piège à éviter pour l’acquéreur légitime des contenus. Le protagoniste de l’histoire est une compagnie qui j’apprécie particulièrement : Google, mais qui cette fois a le mauvais rôle.

Il n’y a pas si longtemps, Google ouvrait un site de vidéo en ligne, Google Vidéo. Là bas on pouvait trouver des vidéos gratuits, comme ceux trouvés YouTube ou Dailymotion, mais aussi des contenus payantes, pour lesquels les utilisateurs devaient débourser une quantité entre 2 et 20 dollars pour le droit de les regarder sans aucune limitation.

Une fois le contenu payé, l’utilisateur avait donc le droit de retourner sur Google Video et revoir le video autant de fois qu’il voulait. La vidéo restait dans le site de Google, l’utilisateur ne pouvait donc pas frauder en copiant la vidéo à un ami, mais il pouvait profiter pleinement de ce qu’il avait acheté. Ca semble un bon système, non ? Ben non, vous verrez rapidement pourquoi.

Tout se passait bien, jusqu’à il y a quelques mois, lorsque Google a acheté le leader de la vidéo en ligne, YouTube. Google se retrouvait donc avec deux services de vidéo en ligne qui partageaient un bon nombre de contenus, ce qui n’est pas commercialement très rentable. Et ils ont décidé de faire la seule maneouvre logique, supprimer le moins fort des deux services : Google Video.

Sauf qu’en supprimant Google Video, le site ne sera plus accessible et il sera donc impossible de regarder les vidéos y achetées. Pas de solution alternative, le contenu ne sera plus accessible.

Logiquement, des que la nouvelle est apparu, des centaines de clients se sont plaint à Google, avec le sentiment de s’être faits arnaquer. Et la réponse de Google a été aussi mitigée que décevante, ils proposent de rembourser leurs clients sous la forme de crédit de Google Checkout, leur service de payement en ligne. Pour information, Google Checkuot est un service de payement en ligne minoritaire, il n’est accepté que par une minorité de sites de commerce en ligne, car le marché est dominé par Paypal.

En clair, si ce n’est pas une arnaque, ça lui ressemble beaucoup. Mais c’est légal, car l’utilisateur n’achète pas un bien, un objet, il achète un service. Et les services ont des conditions de finalisation. C’est le piège de la GND.

Pour approfondir dans le sujet des DRM, je vous recommander de faire une balade par le site Stop DRM, avec plein d’information intéressant (malgré le manque d’actualisations ces derniers mois…).

Information sur la fermeture de Google Video trouvé chez Versvs et Error 500.

Evolutions dans le marché de la musique (I) : DRM vs imagination

Thursday, June 7th, 2007

Il est indéniable que la façon de consommer des contenus multimédia a beaucoup évolué ces dernières années. Une évolution liée à la technologie : là où avant il n’y avait que des chaînes hi-fi pour les CDs et des baladeurs et auto-radios pour les cassettes, on a aujourd’hui des ordinateurs, des lecteurs MP3, des iPods, des autoradios avec prise USB, des chaînes hi-fi avec borne wifi pour se connecter à l’ordinateur… Mais surtout une évolution liée à un changement de mentalité, le public est de moins en moins prêt à dépenser de l’argent pour des CDs qui deviennent de plus en plus chers (une vingtaine d’euros en moyenne pour une nouveauté, ça fait cher) et qui offre de moins en moins de valeur perçue (mais je parlerai de cela dans un prochain billet).

Face à ce constat, il y a deux positions. L’une, la position dominante jusqu’à il n’y a pas si longtemps dans les majors du disque : jeter la faute sur le piratage, internet et les nouvelles technologies, et essayer de contrôler l’utilisation qu’on fait de leurs produits en les chargeant de mesures de protection qui empêchent toute utilisation non conforme aux attentes des producteurs : les DRM (dont j’ai pas mal parlé ces derniers temps).

C’est une stratégie vouée à l’échec, dans une situation de marché on ne peut pas se permettre de brider la liberté des acheteurs pour utiliser le contenu pour lesquels ils ont payé, de les insulter (les messages anti-piratage dans les CD ou les pubs forcés au début de la reproduction des DVDs deviennent de plus en plus agressifs, sans parler des appels à la délation dans la salle de cinéma) et en plus se plaindre si les gens achètent moins. On ne peut pas prétendre vendre deux fois la même chanson, une en CD classique pour la chaîne hi-fi et une en WMF pour le baladeur portable. On ne peut plus vouloir vendre un CD avec 13 chansons lorsque le client est seulement intéressé dans deux d’entre elles. Dans une situation de libre marché, ce n’est pas le vendeur qui a le contrôle, c’est le marché. Et le marché, les clients, nous tous, on accepte de moins en moins ces pratiques abusives.

Heureusement il y a certains personnes qui commencent à voir plus loin, qui commencent à envisager des nouveaux modes de distribuer la musique et faire de l’argent en respectant les droits et les envies des acheteurs. Je ne vais pas parler de l’accord EMI - Apple pour vendre sur iTunes de la musique sans DRM, car malgré son importance, plein de monde en a déjà parlé. Je préfère me centrer sur des exemples moins médiatisés mais aussi plus originaux, afin de vous donner un aperçu des modèles de distribution qui pourraient devenir courants dans quelque temps.

Le premier exemple est la dernière tourné de Prince, Earth Tour 2007. Finis les macro-concerts dans des gros stades, la tournée se déroule dans des salles moyennes et petites, dans un cadre intimiste et exclusif, et avec les entrées on donne le dernier CD de l’artiste. Le CD devient un objet fétichiste, un souvenir d’un moment inoubliable, comme avant l’entrée du concert ou l’affiche autographié. Le morceau de plastique qui pour la plupart d’entre nous ne sert plus qu’à être mis dans l’ordinateur pour extraire les chansons et qui après reste des années au fond d’un tiroir devient un objet de culte, un souvenir sonore. En combinant tout ça avec des produits dérivés de toutes sortes, des accords avec des fournisseurs de téléphonie mobile, et une stratégie marketing qui déborde d’originalité, Prince montre qu’on peut gagner de l’argent avec la musique d’une façon différente tout en respectant au public. Pas mal, non?

Il y a deux autres exemples dont je voulais parler, mais ce billet devient déjà assez long, je vais laisser donc ça pour un autre jour.

Note : ce billet a été inspiré par des articles dans les blogs d’Enrique Dans (C’est dans un de ces articles que j’ai appris l’initiative de Prince) et de David Bravo. Si vous comprenez l’espagnol, je vous recommande chaleureusement de les ajouter à votre agrégateur de RSS.

DRM, piratage et délation

Tuesday, June 5th, 2007

Suite à mes billets sur la clé de cryptage des DVD-HR, j’ai reçu plusieurs commentaires offline, qui me font penser que c’est une bonne idée de préciser encore une fois ma position face aux DRM et au piratage.

L.i.B. pirate? Non

Je ne fais pas l’apologie du piratage, loin de ça. Ma position contre les DRM est celle d’un client qui achète des contenus légalement multimédia. Les DRM m’empêchent, par exemple, de pouvoir regarder des DVD-HR sur mon ordinateur (car je suis un utilisateur de Linux), de pouvoir écouter dans mon autoradio CD MP3 des chansons achetés en ligne ou de faire des copies de sauvegarde des CDs de musique de ma fille avant qu’ils finissent avec plein de rayures et des empreintes de doigts en Nutella. SI je paie pour une chanson, je veut pouvoir l’écouter comme et où je veux, je refuse de devoir acheter la même chanson deux fois, une pour ma chaîne hi-fi qui ne lis que les CDs audio et une autre pour mon baladeur MP3, qui ne lis des CDs.

Les DRM ne gênent pas les vrais pirates, ceux qui piratent pour l’argent, car ils ont assez de moyens pour contourner les mesures anti-copies soit de façon technique soit en se procurant des copies non protégées. Etre contre les DRM ne veut pas dire être pour le piratage. Plutôt au contraire. Si je pouvais acheter légalement en ligne les chansons que je veux, et les copier pour les écouter là où je veux, j’acheterai beaucoup plus de musique que je ne fais aujourd’hui. Et je sais que je ne suis pas le seul. Être contre les DRM veut dire être pour la liberté des acheteurs légitimes à profiter pleinement de leur achat.

Dans le même ordre de choses, je déteste devoir supporter des minutes de publicité anti-piratage avant de pouvoir regarder un DVD. Même si c’est la dixième fois que je regarde le DVD, on doit supporter le foutu message, car les DRM forcent que le lecteur DVD ne répond pas aux requêtes de la télécommande pendant que le message insulte à l’acheteur légal du DVD.

Mais le comble de ces messages c’était l’autre jour au cinéma, c’était carrément trop. Un message avant le film faisait un appel à la délation, un appel à signaler s’il y avait des gens qui faisait des photos ou des prises de vue. Me faire traiter de pirate, ou me faire inviter à collaborer lorsque j’ai payé plus de 8 euros pour ma place, j’ai trouvé ça estomaquant. Pas vous?

Retour sur 45 5F E1 04 22 CA 29 C4 93 3F 95 05 2B 79 2A B2

Monday, June 4th, 2007

Un billet rapide pour faire l’état de lieu de la dernière (par l’instant) clé de cryptage des DVD-HR.

09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0

Le jeudi 31 mai, lorsque j’écrivais le billet, Google ne recensait que 400 sites qui parlaient de cette nouvelle clé. Le lendemain, Cédric nous apprenait dans son commentaire que la recherche Google retournait déjà plus de 14 000 résultats. Aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, la dîte reqûete retourne plus de 56 000 réponses. Et vous savez laquelle est la première ? :

LostInBrittany est la première réponse!

45 5F E1 04 22 CA 29 C4 93 3F 95 05 2B 79 2A B2

Thursday, May 31st, 2007

Ooops, I did it again !

09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0

Et oui, vous vous souvenez peut-être d’un de mes billets qui portait comme titre 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0, et sa suite.

Bon, d’accord, je vous résume l’histoire au cas où vous ne voulez pas aller la relire. Avec l’excuse de la lutte contre la piraterie, les DVD Haute Résolution (DVD-HR) sont bridés par les fabricants de façon que l’acheteur légitime ne puisse pas l’utiliser comme il veut, ce sont les fameux DRM (Digital Rights Management). Par exemple, l’acheteur légitime (et j’insiste sur ça, je parle d’une personne qui a dépensé ses bien mérités euros dans l’achat du DVD-HR) ne peut pas faire une copie de sauvegarde ou le regarder sur un ordinateur sur Linux (car ils ne veulent pas donner de clé de chiffrage aux projets open source de lecture de DVD pour Linux) ou le transcoder pour pouvoir le voir dans son lecteur MPEG4 de poche. 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0 est des clés de chiffrage des DVD Haute Résolution. Pour pouvoir reproduire DVD-HR, tout lecteur doit posséder une des clés de chiffrage. Et avec cette clé de chiffrage et les bon logiciels, les acheteurs légitimes du DVD-HR peuvent enfin utiliser comme ils veulent (de façon légale, sans piraterie) le contenu pour lequel ils ont payé.

La clé est donc apparu sur le net, et les responsables des DRM des DVD-HR, l’AACS ont commencé à balancer des menaces en se basant sur la néfaste loi DCMA américaine. La simple publication ou divulgation de cette clé serait illégal selon l’AACS. Et au lendemain plus d’un million de sites (dont mon blog) avaient publié la clé pour montrer notre désaccord avec cette pratique abusive.

Et voici les nouveaux rebondissements dans l’affaire. L’AACS a décidé dont de révoquer cette clé. Cela veut dire que les DVD-HR vendus depuis le mois de mai ne sont pas décodables avec cette clé 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0. Si l’AACS pensait que cela résoudrait le problème c’est qu’ils sont soit trop bornés pour voir la réalité en face soit complètement idiots. Car presque aussitôt l’ancienne clé révoque, une des autres clés de cryptage fait surface : 45 5F E1 04 22 CA 29 C4 93 3F 95 05 2B 79 2A B2.

Et lorsqu’ils la révoqueron, une nouvelle fera surface. Et une autre. Et une autre encore. Car, comme la Princesse Leia dit à l’Amiral Tarkin dans le Star Wars original, The more you tighten your grip, Tarkin, the more star systems will slip through your fingers. Plus l’AACS essaie de contrôler et des mettre des barrières à des usages légitimes, plus des utilisateurs se revolteront. C’est une guerre qu’ils ne peuvent plus gagner. Pour preuve, 24 heures après sa publication, la nouvelle clé est déjà sur plus de 250 000 sites, selon Google. O.K., je mérite bien la remarque du premier commentaire, j’avais mal codé ma requête Google. Pour l’instant il n’y a que quelques 400 sites qui l’affichent. Mais le reste tient, et je suis persuadé que demain il y aura beaucoup plus…

Captain Copyright and the Anticopy Bots

Saturday, May 5th, 2007

Vous connaissez peut-être Woot!, un site web américain où ils proposent chaque jour un produit hi-tech différent à des prix cassés. Jamais plus d’un jour, jamais deux fois le même produit, une fois le stock écoulé, il n’y a plus. Le site fait un carton parmi les geeks, qui se pressent chaque jour d’aller voir l’offre de la journée.

Etant un site orienté vers les geeks qui aiment bien la technologie et la web 2.0, Woot! a un blog corporatif et une communauté d’utilisateurs. Et parmi les techniques pour créer et animer la communauté, ils proposent de temps en temps des concours.

Ces dernier jours, avec toute la polémique autour du 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0, l’équipe de Woot! a eu une initiative intéressante pour se moquer des DRM et de la DCMA sans pour autant entrer dans la illégalité : convoquer un concours de création artistique Copyright Law & Order.

L’idée est simple : chaque participant envoi une pièce (dessin, collage, montage, photographie photoshopé ou non…) avec des concepts et des idées pour une éventuelle future force de police anti-piraterie. L’introduction de leur billet, à prendre bien sûr au deuxième degré, est simplement excellente :

As upstanding, law-abiding citizens, we’d all like to do our part to stop the evils of media piracy. And we’ve observed that secret codes and cease-and-desist letters seem like feeble weapons against this pernicious killer of profits. Only an elite, global paramilitary police unit will effectively end the traffic in illicit data. So, in the interest of aiding the RIAA, MPAA, AARP, NCAA, AAA, NAACP, and other organizations with at least two consecutive A’s in their acronyms, we’re calling on you to help. Your challenge:

Show us your ideas for a new anti-piracy police force.

La tentation était trop forte pour ne pas y participer, surtout car il y a quelques mois j’avais déjà mis en dessins plusieurs idées sur le thème. Alors j’ai recherché parmi mes fichiers, j’ai repris les dessins avec Inkscape, et voici le résultat : Captain Copyright and the Anticopy Bots, la force définitive anti-piraterie!

Captain Copyright and the Anticopy Bots

Il ne faut pas sous-estimer l’humour comme arme dans la lutte contre les pratiques arbitraires, répressives et archaïques de toutes ces “organisations avec deux ‘A’ consécutives dans leurs acronymes”, et nos équivalents européens. Alors, à vos crayons/claviers, citoyens! ;)

L’AACS promet de faire censurer plus de 900 000 sites

Friday, May 4th, 2007

L’affaire 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0 continue à faire couler des rivières d’encre (ou de bits). Des blogueurs, des journaux, des télés et même notre le très médiatique Loïc Le Meur national (qui avoue avoir fini par apprendre que quand on met l’utilisateur au centre, il y reste) s’y collent…

09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0

Mais la réaction la plus stupéfiante est celle de l’AACS, l’organisation derrière les protections anti-copie des DVD-HD. Son président, Michael Ayers, a promis dans un entretien à la BBC que son organisation allait répertorier et combat les 700 000 sites (pas de chance, Mr Ayers, ils sont déjà plus de 900 000) qui ont publié la clé de cryptage, avec des moyens légaux et techniques.

Je vous laisse un extrait de l’entretien.

But a line is crossed when we start seeing keys being distributed and tools for circumvention. You step outside of the realm of protected free speech then.”

He said tracking down everyone who had published the keys was a “resource intensive exercise”. A search on Google shows almost 700,000 pages have published the key.

Mr Ayers said that while he could not reveal the specific steps the group would be taking, it would be using both “legal and technical” steps to prevent the circumvention of copy protection.

“We will take whatever action is appropriate,” he said. “We hope the public respects our position and complies with applicable laws.”

He added that the copy protection on the HD-DVDs was “absolutely not broken”

Trouvé via Boing Boing

Il semblerait que Mr. Ayers est vraiment lent à comprendre. Son attitude relève d’une naïveté et une archaïsme à toute épreuve (et aussi d’une bonne dose de mauvaise foi). Je me demande bien comme il va faire censurer 900 000 sites éparpillés dans les quatre coins d ela planête, et même s’il arrive, comme il fera avec le 2 millions d esites de demain, et les 4 millions de sites de la semaine prochaine…

On ne peux pas mettre des freins aux utilisateurs légitimes de contenus sous prétexte de lutter contre la piraterie. Mr. Ayers sait aussi bien que moi ou vous, que le jour même de la sortie de n’importe quel film, il sera déjà disponible dans le net, avec ou sans DRM, car les pirates, les vrais, ils n’ont rien à faire des DRM, ils obtiendront le film par un moyen ou un autre. Par contre, ces DRM vont pénaliser l’utilisateur lambda, qui va au magasin et dépense ses euros dans le film, en lui empêchant, par exemple, de le regarder dans son ordinateur ou de faire une copie de sauvegarde.

Finissons avec les DRM, rendons aux utilisateurs ses droits!

Mise à jour :Tristan Nitot publie une très intéressante suite à son billet d’hier.

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Thursday, May 3rd, 2007

Et oui, au cas où ce n’est pas assez clair, je répète :

L.i.B.

Si vous n’avez pas envie d’aller voir chez Standblog le pourquoi du comment de ce titre cryptique, je vous résume l’explication ici. Cette chaîne de caractères est un nombre hexadécimal, une des clés de chiffrage des DVD Haute Résolution. Pour pouvoir reproduire HD-DVD, tout lecteur doit posséder une des clés de chiffrage.

Logiquement, à peine quelques mois après la sortie des premiers lecteurs DVD HD, une des clés a été retrouvée et publiée sur internet. Et la puissante Advanced Access Content System Licencing Authority (AACS) a entrepris une croisade pour effacer ce nombre interdit de paysage du net. Car selon la fameuse loi DMCA américaine, la simple connaissance de ce nombre est déjà un délit.

Et oui, vous avez bien compris, la DMCA permet la censure d’un nombre. On n’a pas le droit de connaître ce nombre, pas le droit de l’écrire, pas le droit de le lire. La DMCA décrète que la connaissance et la diffusion de ce nombre hexadécimal sont interdites. Aux Etats Unis il serait illégal, par exemple, de porter un t -shirt avec le texte “I love 09F911 029D74 E35BD8 4156C5 635688 C0 !”… ou d’écrire ces chiffres sur un blog. Attendez, attendez, cela veut dire, par exemple, que la version décimale de ce nombre, 13 256 278 887 989 457 651 018 865 901 401 704 640, est aussi illégale. La DMCA donne aux majors de Hollywood la possibilité d’effacer légalement l’existence d’un nombre.

09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0

Logiquement encore, plus l’AACS faisait de la pression et fermait des sites, plus l’information se répandait dans le net. Des menaces ont été lancés, mais pour chaque site qui enlevait l’information, une dizaine de nouveaux la publiaient. L’un des plus grands portails de news, Digg, après avoir essayé d’enlever les news qui parlaient du nombre interdit, a été obligé de capituler et se joindre au mouvement de propagation du 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0. A ce moment une recherche Google sur 09 F9 11 02 9D 74 E3 5B D8 41 56 C5 63 56 88 C0 donne plus de 331,000 résultats.

Cette histoire montre donc deux belles leçons :

  1. Les DRM, tels qu’ils sont conçus actuellement, sont aberrants et pervers, un système mis en place par et pour certaines entreprises en dépit complet du bon sens et avec un mépris total pour l’utilisateur final
  2. Mais en plus, ils sont complètement inefficaces dans l’heure du net et du partage de l’information. Plus ils ajoutent de la pression pour essayer de tout contrôler, plus cela les échappe entre les doigts

Détester les DRM n’a rien à voir avec respecter ou pas les droits d’auteur. Les DRM n’ont jamais empêché les pirates de copier les contenus, et ils ne le feront jamais. Par contre, ils empêchent les utilisateurs légitimes d’utiliser le contenu qu’ils ont acheté légalement. La perversion des DRM se voit clairement lorsque les HD-DVD ne marchent pas sur Linux car ils ne veulent pas donner de clé de chiffrage aux projets open source de lecture de DVD pour linux, ou lorsque la musique que tu achète sur un site web d’un des majors de la musique ne marche pas sur ton baladeur car il n’offre pas assez de garanties. Ou lorsqu’ils ont le cynisme de dire que si tu veux écouter la musique sur ton baladeur numérique et sur ta platine CD, il faut l’acheter deux fois, une fois en format numérique WRM protégé et une autree en format CD avec système anti-copie. Détester les DRM est donc une attitude normale pour un utilisateur respectueux des droits d’auteur.

J’espère qu’Enrique Dans a raison lorsqu’il dit souvent que 2007 sera l’an de la fin des DRM…

Mise à jour: J’ai trouvé parmi les sites que je lis d’habitude, plein de sites espagnols qui parlent de l’affaire :

mais très peu de sites français à part Standblog. C’est dommage…

Mise à jour 2 : Un autre excellent article en espagnol d’Enrique Dans dans Liberetad Digital qui résume très bien l’histoire, à lire si vous comprenez l’espagnol. Merci, papa! ;)

L’iPhone chinois

Tuesday, January 30th, 2007

Il n’y a pas longtemps je vous parlais de l’annonce de l’iPhone de Apple, d’abord avec enthousiasme et ensuite avec déception. La semaine dernière, je vous parlais d’un sujet complètement différente, l’avancement des chinois dans le domaine des ordinateurs, avec le premier ordinateur 100% conçu et développé en Chine.

L.i.B. iPhone

Aujourd’hui les deux sujets vont être mélangés, car en lisant ce billet de DespuesDeGoogle j’ai trouvé que les chinois sont en train de développer un clon de l’iPhone, le M8. Fabriqué par la compagnie Meizu, le M8 aura des spécifications que n’ont rien à envier au modèle d’Apple. Plus petit que l’iPhone, son écran de 3,3 puces aura une résolution de 720×480 (comparé aux 480×320 de l’iPhone). Il est construit sur un processeur ARM11, et il tournera sur un système d’exploitation Windows CE 6.0. Il aura un appareil photo de 3 mégapixels (face aux 2 mégapixels de l’iPhone) derrière et un deuxième appareil photo de 0.3 mégapixels devant (pratique pour les visioconférences). Pour le reste des détails il faudra attendre que le fabricant donne plus de précisions.

Je vous laisse une photo de la bête, trouvée sur VR-Zone :

iPhone vs M8

Ca a l’air sympa, le petit M8, non?