Billets avec l'étiquette ‘Droits d’auteur’

Amazon, 1984 et les DRM : les excuses du PDG

26-07-2009

Le dérapage orwelien d’Amazon a eu un dernier épisode ce weekend lorsque le PDG d’Amazon, Jeff Bezos a reconnu publiquement l’erreur, il a assuré qu’une telle action ne se reproduira plus et il a demandé pardon à ses clients :

This is an apology for the way we previously handled illegally sold copies of 1984 and other novels on Kindle. Our “solution” to the problem was stupid, thoughtless, and painfully out of line with our principles. It is wholly self-inflicted, and we deserve the criticism we’ve received. We will use the scar tissue from this painful mistake to help make better decisions going forward, ones that match our mission.

With deep apology to our customers,

Jeff Bezos
Founder & CEO
Amazon.com

WTF ?

C’est rare qu’une compagnie présente c’est excuses aux clients, et c’est encore plus rare que cela se fasse directement par la bouche du PDG. Mais ce qui est encore plus rare, c’est que ces excuses soient si claires, si peu nuancées, sans langue de bois : notre solution au problème était stupide, irréfléchie, et complètement en désaccord avec nos principes. Comme quoi chez Amazon ils n’ont pas oublie que la clé de leur succès a toujours été placer le client au centre.

Je suis bien prêt à croire la sincérité de ces excuses, et je suis à un peu près sûr de qu’un tel épisode ne se reproduira plus. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que rien de tout ça ne serait pas arrivé si Amazon n’était pas parti d’un modèle défectueux, celui d’une plate-forme remplie de verrous numériques et rendant possible l’accès et la prise de contrôle à distance par le fabricant.

Ils ne le feront peut-être plus, ils abuseront pas du pouvoir qu’ils ont sur le terminal et son contenu, mais ils pourront toujours le faire. Et tant que ça sera le cas, tant qu’ils auront des DRM partout, le Kindle ne sera pas une vraie alternative au livre traditionnel. Dans un moment où même Apple a renoncé aux DRM pour leur iTunes, je ne pense pas qu’Amazon puisse continuer longtemps à ignorer le problème…

Amazon, 1984 et les DRM

19-07-2009
WTF ?

Imaginez que vous achetez un bouquin dans votre libraire favorite. Vous amenez le livre chez vous, vous le placez dans votre étagère et vous partez tranquillement au boulot. Pendant ce temps là, le libraire décide qu’il ne veut plus vendre ce bouquin, et que vous l’avoir vendu a été une erreur. Il va donc chez vous, il se glisse par une fenêtre, il prend le livre de votre étagère et il le garde dans sa poche. Ensuite, il vous laisse à la place un chèque pour le montant que vous aviez payé et une petite note vous expliquant qu’il ne souhaite plus vous vendre le bouquin. Lorsque vous rentrez chez vous le soir, vous constatez avec surprise que le livre n’est plus là et vous voyez le chèque et la note. J’imagine que la plupart d’entre vous qualifierait ça de vol, non ?

Et bien, c’est ça ce qu’Amazon (pourtant une compagnie qui se targe de toujours placer le client au centre de leur stratégie) a fait la semaine dernière avec deux titres de leur catalogue de livres électroniques. Les clients Amazon qui avaient acheté ces livres pour leur Kindle ont eu la désagréable surprise de voir comment leurs livres électroniques avaient disparu de l’appareil, car l’éditeur avait demandé à Amazon de les retirer du marché.

Depuis la sortie du Kindle, Amazon a voulu nous faire croire que le livre électronique avait toutes les avantages du livre papier et aucun des inconvénients. Mais tout en disant ça, ils ont chargé leur système de verrous électroniques qui empêchent par exemple de prêter le livre à un collègue, ou le revendre après l’avoir lu, ou simplement l’offrir à une bibliothèque ou une association, des choses qu’on a fait avec des vrais livres depuis que le bon vieux Guttemberg a imprimé sa première Bible.

Mais là, Amazon a montré définitivement que leur Kindle est tout sauf une alternative au livre papier. Car du moment où ils peuvent se permettre de se connecter à mon Kindle et d’effacer les livres que j’ai acheté, cela me fait perdre toute la foi dans leur système.

Depuis, Amazon a essayé d’expliquer leur geste et ils ont promis qu’ils ne le feraient plus, mais la confiance a été brisé. Et on sait bien qu’une boîte comme Amazon se base sur la confiance des clients, confiance qu’une fois perdue, est difficile à regagner.

Pour ajouter une pointe ironique à l’affaire, il se trouve que les deux titres concernés par cet exemple de big brotherisme sont 1984 et La ferme des animaux. Comme quoi des fois la réalité dépasse la fiction…

1984 est l’un de mes romans favoris. Je l’ai relu récemment, et la relecture m’a mis très mal à l’aise, car je n’ai pas pu m’empêcher de faire des parallélismes avec notre société actuelle. En 1984, le gouvernement efface tout document concernant des faits qu’il souhaite faire oublier, les brulant dans un trou de mémoire, car une fois toute trace disparu, c’est comme si les faits n’avaient jamais existé. Juste comme les livres sur le Kindle.

Hadopi et le billet qui ne fût pas

12-03-2009

Black-Out

27-02-2009

Comme vous avez peut-être déjà vu, la Quadrature du Net lance une nouvelle campagne de sensibilisation sur le danger qui représente HADOPI.

L’opération s’inspire du black out Néo-Zélandais, pour protester contre cette loi injuste et absurde, qui autorise à déconnecter d’internet les gens de façon arbitraire, sans preuves valables ni procès.

HADOPI - Le Net en France : black-out

LostInBrittany change donc ces couleurs pour se joindre au black out, et je profite de cette occasion pour vous demander de relayer l’opération. Rendez-vous sur la Quadrature du net pour avoir les dernières informations sur ce black out.

Il faut soutenir cette initiative de la Quadrature du net car, comme Korben l’a bien exprimé, c’est maintenant ou jamais. Une fois la loi passé, on ne pourra qu’a subir les erreurs de procédure, les coupures intempestives, la présomption de culpabilité et es abus relatifs au respect de la vie privée.