Billets avec l'étiquette ‘WTF’

Amazon, 1984 et les DRM

19-07-2009
WTF ?

Imaginez que vous achetez un bouquin dans votre libraire favorite. Vous amenez le livre chez vous, vous le placez dans votre étagère et vous partez tranquillement au boulot. Pendant ce temps là, le libraire décide qu’il ne veut plus vendre ce bouquin, et que vous l’avoir vendu a été une erreur. Il va donc chez vous, il se glisse par une fenêtre, il prend le livre de votre étagère et il le garde dans sa poche. Ensuite, il vous laisse à la place un chèque pour le montant que vous aviez payé et une petite note vous expliquant qu’il ne souhaite plus vous vendre le bouquin. Lorsque vous rentrez chez vous le soir, vous constatez avec surprise que le livre n’est plus là et vous voyez le chèque et la note. J’imagine que la plupart d’entre vous qualifierait ça de vol, non ?

Et bien, c’est ça ce qu’Amazon (pourtant une compagnie qui se targe de toujours placer le client au centre de leur stratégie) a fait la semaine dernière avec deux titres de leur catalogue de livres électroniques. Les clients Amazon qui avaient acheté ces livres pour leur Kindle ont eu la désagréable surprise de voir comment leurs livres électroniques avaient disparu de l’appareil, car l’éditeur avait demandé à Amazon de les retirer du marché.

Depuis la sortie du Kindle, Amazon a voulu nous faire croire que le livre électronique avait toutes les avantages du livre papier et aucun des inconvénients. Mais tout en disant ça, ils ont chargé leur système de verrous électroniques qui empêchent par exemple de prêter le livre à un collègue, ou le revendre après l’avoir lu, ou simplement l’offrir à une bibliothèque ou une association, des choses qu’on a fait avec des vrais livres depuis que le bon vieux Guttemberg a imprimé sa première Bible.

Mais là, Amazon a montré définitivement que leur Kindle est tout sauf une alternative au livre papier. Car du moment où ils peuvent se permettre de se connecter à mon Kindle et d’effacer les livres que j’ai acheté, cela me fait perdre toute la foi dans leur système.

Depuis, Amazon a essayé d’expliquer leur geste et ils ont promis qu’ils ne le feraient plus, mais la confiance a été brisé. Et on sait bien qu’une boîte comme Amazon se base sur la confiance des clients, confiance qu’une fois perdue, est difficile à regagner.

Pour ajouter une pointe ironique à l’affaire, il se trouve que les deux titres concernés par cet exemple de big brotherisme sont 1984 et La ferme des animaux. Comme quoi des fois la réalité dépasse la fiction…

1984 est l’un de mes romans favoris. Je l’ai relu récemment, et la relecture m’a mis très mal à l’aise, car je n’ai pas pu m’empêcher de faire des parallélismes avec notre société actuelle. En 1984, le gouvernement efface tout document concernant des faits qu’il souhaite faire oublier, les brulant dans un trou de mémoire, car une fois toute trace disparu, c’est comme si les faits n’avaient jamais existé. Juste comme les livres sur le Kindle.

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En casa del herrero, cuchara de palo

18-06-2009
WTF ?

En casa del herrero, cuchara de palo (Chez le forgeron, cuillères en bois) est la version espagnole du Les cordonniers sont les plus mal chaussés français. Et c’est la première phrase qui m’est venu à la tête lorsque j’ai vu l’affiche de promotion de Adobe InDesign CS4.

Et oui, regardez bien, voyez-vous l’énorme erreur de retouche que leur graphiste à fait ?

Adobe's epic fail

Oui, en bas à droite, dans le réflexe de la boîte mauve, oui…

Lorsqu’on pense qu’Adobe est la boîte qui fait Photoshop, l’outil de retouche photographique par excellence, l’erreur devient un epic fail hilarant.

Via Abadia Digital.

L’affiche est, bien entendu, propriété d’Adobe, non soumis à la licence CC.

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Modèle d’organisation

04-09-2008

#018 : Exemple d'organisation

Cette fois j’ai utilisé certaines des photos que j’ai pris à la BSM de Lorient,
comme d’habitude sur mon compte Flickr.

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Google Chrome et la paranoïa

02-09-2008
LiB et Google

Arrivant avec presque 24 heures du retard sur le sujet, je ne vais pas essayer de faire un billet classique sur Google Chrome, expliquant ce qu’on sait déjà sur le nouveau navigateur de Google. La blogosphère est un milieu impitoyable, et dans ce 24 heures il y a eu déjà des centaines de billets qui en parlent.

Si comme moi vous avez passé les dernier 24 heures offline et vous avez raté le buzz, je vous conseille commencer par la source originale, le comic que Google a diffusé. C’est une bonne lecture, très geek et assez technique sous ces images toutes mignonnes. Si ensuite vous voulez quelques commentaires décortiquant le sujet, vous aurez l’embarras du choix, mais je vous conseille de commencer par TechCrunch (qui, pour une fois, laissent de côté leur penchant anti-Google).

WTF ?

Ce dont je veux parler de ce billet, c’est des réactions paranoïaques avec lesquelles certaines ont accueilli la nouvelle, réactions qui montrent soit une mauvaise foi assez profonde, soit une ignorance complète sur le sujet, voire les deux. Et cela a le don de m’énerver, ce qui s’ajoute à l’énervement que j’ai déjà pour des raisons personnelles.

Je parle des gens qui, comme sur le blog de Fred Cavazza, disent :

C’est bien un Browser, ça permet à Google de savoir exactement ce que l’on fait sur le Web. Grâce à cela, Google saura combien de temps on passe sur un site. Il y a des chances pour que le browser améliore ainsi son pageRank (En simplifiant à l’extrême : si on y reste deux secondes; score faible, si on y revient plusieurs fois; score élevé).

Ou même pire, des vrais pros du logiciel libre qui malgré tout crient au big brother comme Biologeek :

BiG Browser s’invite chez vous

Posté en september 2008

Le dernier maillon de la chaîne va sortir aujourd’hui. Vous pouvez soit vous réjouir comme Tristan :

Je pense que les deux organisations ont fait beaucoup ces dernières années pour améliorer le Web et l’ouvrir.

Soit pleurer sur notre sort. Avec tout le respect que j’ai pour Tristan, je vais aller chercher un mouchoir.

PS : et pendant ce temps là, du côté de l’Élysée… (préparez la boîte).

Et qui dans les commentaires du même billet, dit :

Ah bon ?! Et les habitudes de navigation ? Et l’historique de navigation (qui était déjà en grande partie connu grâce aux pubs + barre Google + etc mais quand même) ? Le nouvel algo du Pagerank va être très simple ça sera GAnalytics + FeedBurner + Chrome.

Le respect de la confidentialité des données c’est une chose mais le respect de la vie (numérique) privée ça en est une autre.

PS : et je ne parle même pas de la portée d’un navigateur sur vos données stockées sur disque dur qui vont être accessibles grâce à des fonctionnalités géniales pour vous simplifier la vie. Si si, je vous assure.

Quiconque pense que Google peut cacher des petits “modules espions” dans le navigateur soit ne comprend pas qu’est-ce que c’est le logiciel libre, soit il est de mauvais fois.

Google Chrome va être Open Source. Cela veut dire que le code va être ouvert, mis à disposition de tout le monde qui voudra l’auditer. Il y aura des milieux de développeurs qui vont scruter ce code de haut en bas, ligne à ligne. Des amateurs, mais aussi des pros, et surtout des concurrents de chez Microsoft, chez Mozilla et chez Opera, des gens qui respirent du code.

Le code de Chrome va être regardé sous toutes ses coutures, et n’importe quelle faille ou piège sera mis au grand jour dans les plus brefs délais, par des gens qui ont tout à gagner à le faire. Pensez-vous sérieusement que Google va essayer de cacher des trucs dans un code qui sait pertinemment qui va être étudié à fond par tous ses concurrents pour essayer de trouver de quoi le décrier ?

La paranoia est bien, mais il faut quand même réfléchir deux fois avant d’émettre ce type d’avis. Surtout lorsqu’on est un professionnel du logiciel libre.

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Au moins ils le reconnaissent

24-08-2008
WTF ?

Ce matin j’ai voulu tester le dernier service web 2.0 à la mode, Photosynth, un projet de Microsoft Live Labs.

Apparemment, Photosynth permet de reconstruire automatiquement un environnement en trois dimensions à partir d’une collection de photos d’un endroit ou d’un objet, et il le fait avec un réalisme et une qualité époustouflants.

Mais je dis bien apparemment, car je n’ai pas réussi à le tester.

J’avais essayé par premier fois il y a quelques jours, mais le service était indisponible. Je trouve un peu triste que Microsoft ne soit pas capable d’assurer le démarrage d’un nouveau site, qu’ils ne soient pas en mesure de tailler les serveurs et les liens réseau pour supporter ce pic de charge. Ils sont censés être l’un des grands d’internet après tout, mais bon…

Et je rejoins aussi l’avis d’Ouriel, l’excuse qu’ils ont posté dans leur blog manque de professionnalisme, ça sonne plus à la réponse d’un créateur de starup surexcité parce que le service qu’il a programmé dans son garage a bien marché que à la réaction qu’on pourrait attendre d’une compagnie sérieuse, mais bon encore…

Et ce matin j’ai essayé à nouveau de tester le service, et c’est là que j’ai été obligé d’arrêter, car lorsque j’ai voulu créer un synth (le nom cool qu’ils donnent à leurs environnements 3-D), j’ai reçu le message suivant :

Message de Photosnyth

Malheuressement, nous ne sommes pas encore assez cool pour tourner sur ton système d’exploitation. Nous aimerions vraiment avoir une version de Photosynth multi-plateforme, mais pour l’instant il ne marche que sur Windows.

Et oui, au moins ils le reconnaissent, ils ne sont pas assez cools pour tourner sur mon Linux, ni sur Mac, OpenSolaris ou n’importe quel autre système d’exploitation. Et ça veut surtout dire qu’ils ne sont pas assez professionnels pour créer un service web multi-plateforme. Encore un beau WTF de chez Microsoft, quoi…

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De la débilité du clip anti-piratage

28-07-2008
WTF ?

Ce billet est un coup de gueule, car trop c’est trop.

J’ai les coffrets DVD des deux premières saisons de Dr Who, l’une de mes séries favorites. J’aurais pu télécharger la série, ça aurait été plus simple et beaucoup moins cher que les acheter, mais aimant vraiment la série, j’ai préféré acheter les coffrets.

L’autre soir je voulais regarder quelques épisodes des deux premières saisons de Dr Who, me faire mon petit best of. Et bien sûr, les quatre épisodes choisis étaient en quatre DVDs différents.

Lorsque j’ai mis le quatrième DVD et j’ai du regarder par quatrième fois la propagande anti-piraterie, j’ai cru que j’allais tout balancer par la fenêtre.

Je parle, bien sûr, de cet avertissement du début des DVD, Le piratage, c’est du vol, celui qui compare le piratage avec le vol à l’étalage ou le cambriolage, celui que on est obligé de regarder parce que les touches de la télécommande restent bloquées pendant qu’il tourne.

En plus d’être énervant, je trouve ce vidéo carrément offensif vers les gens qui achètent légalement ses DVDs. C’est presque une incitation au piratage.

Je m’explique… Si j’achète légalement un coffret DVD à 45€ de ma série favorite, à chaque fois que je veux regarder un épisode, je dois supporter une minute de clip obligatoire qui me rappelle que pirater c’est mal. Par contre, si j’avais été intelligent, j’aurais téléchargé la série sur le net, ça m’aurait coûté 0€ et je n’aurais pas à supporter l’avertissement.

J’ai trouvé sur Flickr un affiche qui résume bien mon sentiment :

On revient à ce que j’ai déjà dit d’autres fois, la lutte contre le piratage, telle que elle est comprise par les majors du cinéma et de la musique, penalise les utilisateurs légitimes sans vraiment gêner le pirates.

Que ce soit avec des DRM trop restrictifs ou avec des clips anti-piratage, cette façon de lutter contre le piratage ne nuit pas les pirates ni le piratage, mais l’utilisateur légitime.

Les pirates, ils s’en foutent, ils ont les logiciels pour casser les DRM, et ils effacent les clips anti-piratages du montage final. Et les personnes qui regardent les films piratés, ils s’en foutent aussi, car leurs copies n’ont ni DRM ni clips débiles. Par contre, l’acheteur légitime, il va devoir supporter les nuisances des DRM, qui limitent la façon comme il peut profiter du bien qu’il a acheté, et les messages qui lui racontent que pirater ce n’est pas bien. C’est logique, non ?

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Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ?

07-07-2008
WTF ?

Imaginons que vous organisez une manifestation internationale comme Brest 2008

Imaginons que pour cette manifestations vous allez avoir des délégations qui viennent des quatre coins de la planète, avec cinq invités d’honneur : la Norvege, le Vietnam, le Madagascar, la Croatie et la Galice (au nord-ouest de l’Espagne).

Imaginons que vous demandez des interprètes bénévoles pour faire la liaison entre l’organisation et ces cinq délégations.

Imaginons que parmi les bénévoles vous avez un espagnol perdu en Bretagne depuis des années, et qui a envie de pouvoir parler sa langue maternelle avec ses compatriotes, de les montrer sa ville d’accueil et de faire la fête avec eux le soir.

Alors, qu’est-ce que vous feriez de cet interprète hautement motivé et qualifie ?

Bien sûr, vous le placeriez comme interprète dans le village norvégien, pour qu’il puisse bien pratiquer son anglais…

Ne cherchez pas la logique, il n’y en a pas. Ou au moins je n’ai pas su la voir ce matin lorsque j’ai reçu le message avec l’assignation des postes et je me suis retrouvé avec trois permanences de 9h à midi dans le village norvégien, moi qui avait demandé des permanences du soir au village galicien.

J’ai du mal à saisir la logique employée par les organisateurs de Brest 2008 pour l’assignation des postes, pour moi c’est un nouveau exemple de pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ?.

Mise à jour :

Il semblerait que mes collègues ont raison lorsqu’ils dissent que je deviens de plus en plus français, car je râle pour tout. :devil_tb:

Je viens d’avoir un e-mail de la fille qui fait la distribution des permanences, suite à un message que je l’avais envoyé cet après-midi. Elle n’avait pas compris que j’avais une préférence pour un poste quelconque, et elle comprend bien que je puisse préférer aller aider la délégation galicienne. Elle va donc modifier le planning et je vais donc pouvoir faire mes interventions dans le village de la Galice et non au milieu des gens des fjords.

Je vais donc pouvoir profiter de la queimada. Comme on dit en Espagne, bien está lo que bien acaba, ce qui finit bien est bien… :smile1_ee:

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Ca ferait une bonne blague

10-06-2008

Une de ces blagues à deux sous qui font rire bêtement chaque fois qu’on les entend :

  • Quel est le comble d’une association pour la promotion du commerce électronique ?
  • Ecrire un rapport sur l’état du commerce électronique en Europe, le mettre à la vente sur leur site… et n’accepter que les commandes par fax, avec paiement seulement par chèque ou virement et expédition uniquement en France metropolitaine.

Le truc qui cloche ce que ce n’est pas une blague.

WTF ?

L’association en question est l’Acsel, Association pour le commerce et les services en ligne, une des associations phare des acteurs du e-commerce et de l’internet en France.

Le titre du rapport est L’Europe, une opportunité pour l’e-commerce. Et pour l’obtenir, vous devez télécharger un bon de commande au format MS Word et l’envoyer par fax ou courrier traditionnel, accompagné du justificatif de votre règlement par chèque ou virement bancaire.

Le tout, bien sûr, si vous avez la chance d’habiter en France, sinon vous ne pouvez pas vous le procurer.

Ca ferait une bonne blague, mais c’est une bien navrante réalité, non ?

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