La quadrature du cercle : un Creeper de Minecraft au crochet

27 septembre 2026 par Horacio Gonzalez

Une commande venue de l'Overworld

Le Creeper de Minecraft au crochet terminé, debout sur une table, face à l'objectif

Mon fils cadet est à fond dans Minecraft. Pas « il y joue de temps en temps » : plutôt le genre où l'on parle de redstone à table, et où le moindre sifflement dans la maison déclenche une réaction.

Son grand frère a eu son Luffy. Ce n'était qu'une question de temps avant que le petit veuille quelque chose lui aussi, et il n'y a jamais eu le moindre doute sur ce que ce serait. Il fallait un Creeper.

Le problème avec les Creepers

Tout ce que j'avais crocheté jusque-là était rond. Des têtes, des corps, des bonnets à œuf, des chapeaux de paille : tout commence par un cercle magique et grandit en rangs concentriques, et l'amigurumi se sent très bien dans ce monde-là. Le rond, c'est ce que le crochet fait naturellement.

Un Creeper n'est pas rond. Un Creeper est fait de blocs, comme tout le reste dans Minecraft. Un Creeper rond, c'est juste une pomme de terre verte avec une tête, et mon fils l'aurait repéré tout de suite.

Cette fois, j'ai donc dû apprendre quelque chose de nouveau : faire des carrés et des rectangles au crochet.

Apprendre à prendre les virages

Gros plan d'un cube vert au crochet avec le visage du Creeper brodé en noir sur le devant

L'astuce, une fois comprise, est presque décevante de simplicité. Pour un cercle, on répartit les augmentations régulièrement sur le tour, et la pièce grandit de la même façon dans toutes les directions. Pour un carré, on arrête de les répartir : on empile toutes les augmentations à quatre endroits, tour après tour, et ces quatre endroits deviennent des coins.

Ensuite viennent les côtés. Pour passer d'un dessus plat à une paroi verticale, la pièce doit former une arête nette au lieu de s'arrondir doucement comme une balle. Et pour fermer le cube, on refait tout à l'envers.

Il m'a fallu plusieurs essais, et les premiers ressemblaient plus à des coussins qu'à des cubes. Mais à un moment les mailles ont commencé à obéir, les coins sont restés là où je les avais mis, et je me suis retrouvé avec un bloc vert posé sur l'accoudoir du canapé.

Travail en cours : la tête cubique verte au crochet avec le visage du Creeper brodé en laine noire, à côté de ciseaux rouges, du fil vert et d'une aiguille enfilée de laine noire

Le visage est brodé en laine noire, carré par carré, en essayant de respecter la grille de pixels de l'original. Ce célèbre visage triste et un peu menaçant ne tient qu'en une poignée de pixels, alors chacun compte. On en rate un, et il ne ressemble plus à un Creeper mais à une grenouille étonnée.

Des blocs jusqu'en bas

Une fois la tête réussie, le reste n'était que la même leçon appliquée à nouveau : un grand bloc rectangulaire pour le corps, et de petits blocs trapus pour les pieds. Un rectangle, finalement, c'est un carré qui a de l'ambition, et la méthode a suivi sans trop de drames.

Le Creeper au crochet terminé vu de profil, avec sa tête cubique, son corps rectangulaire et ses pieds en blocs

Le crochet est souple, donc aucun de ces blocs n'est parfaitement net. Les arêtes sont un peu arrondies, le rembourrage bombe légèrement les faces. J'ai décidé que ça me plaisait comme ça : il a l'air d'un Creeper qu'on aime assez pour le serrer dans ses bras, ce qui est à peu près ce qu'il est.

Ssssss…

L'amigurumi Creeper de Minecraft terminé, debout sur la table de la cuisine, face à l'objectif

Le voici. Tête cubique, corps en bloc, pieds en blocs, et ce visage.

L'amigurumi Creeper terminé vu de dos, montrant la tête carrée et les formes en blocs du corps et des pieds

Ce que j'ai aimé dans celui-ci, c'est que ce n'était pas juste un amigurumi de plus. C'était une nouvelle technique. Après un bon moment à faire des choses rondes, je commençais à me sentir à l'aise, et le Creeper m'a ramené à ne pas savoir faire quelque chose, puis à trouver comment. C'est mon moment préféré dans n'importe quel loisir, et c'est comme ça que je sais que je progresse.

Mon fils a maintenant un Creeper qui n'explosera jamais. Et moi, j'ai une nouvelle corde à mon arc, et une tête déjà pleine d'autres choses cubiques à fabriquer.

Avez-vous déjà dû désapprendre le « rond » au crochet ? Racontez-moi ce qu'est devenu votre premier carré.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Pourquoi j'ai créé r/SovereignIT

9 septembre 2026 par Horacio Gonzalez
Le logo de r/SovereignIT

Ça fait des années que je travaille autour de la souveraineté technologique : six ans chez OVHcloud, et depuis chez Clever Cloud, où je suis VP DevRel. Pendant l'essentiel de cette période, aborder le sujet dans une conversation technique provoquait l'une de ces deux réactions : un ennui poli, ou la certitude que j'étais en train de faire de la politique. La souveraineté, c'était un mot de ministère et de rapport sur la politique industrielle. Ça n'avait pas l'air d'avoir sa place dans une discussion sur l'endroit où l'on déploie son application.

Ça a changé, et pas parce que quelqu'un aurait gagné le débat.

Les dépendances ont cessé d'être hypothétiques

L'infrastructure cloud s'est concentrée entre les mains d'une poignée d'acteurs. Le droit extraterritorial américain atteint des données hébergées sur le sol européen, et le raisonnement juridique sur la portée exacte de cette atteinte n'arrête pas de bouger. L'accès aux modèles d'IA et à la puissance de calcul qui les entraîne est contrôlé par un petit nombre d'entreprises, dans un petit nombre de pays. Les chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs passent par des goulets d'étranglement qui étaient invisibles jusqu'au jour où ils ont cessé de l'être. Des entreprises technologiques européennes continuent d'être rachetées par des groupes étrangers, en général avec un communiqué sur la continuité et l'investissement.

Rien de tout cela n'est nouveau. Ce qui a changé, c'est que les conséquences sont devenues lisibles. Ce ne sont plus des questions théoriques sur qui possède quoi. Elles déterminent qui contrôle nos données, nos infrastructures et les technologies dont nous ne savons plus nous passer, et surtout quelles marges de manœuvre il restera à l'Europe pendant une crise politique, économique ou technologique. Une dépendance qu'on n'a jamais examinée est un choix qu'on a déjà fait, sans s'en rendre compte.

La conversation existe, le lieu n'existe pas

Voilà ce qui me frustre. Une actualité tombe : un rachat, une décision de justice, un choix de marché public, la sortie d'un modèle à l'accès restreint, une nouvelle réglementation qui fera ou ne fera pas ce qu'elle prétend. Ça produit une bonne conversation pendant environ un jour et demi, répartie entre trois réseaux sociaux, deux newsletters et un couloir de conférence. Et puis ça disparaît.

L'actualité suivante arrive et repart de zéro, comme si la précédente n'avait jamais existé. Personne ne les relie, parce qu'il n'y a nulle part où les relier. Prises isolément, ces informations ne sont pas si intéressantes. C'est le motif qu'elles dessinent ensemble qui compte, et c'est précisément lui qu'on perd.

Alors hier j'ai créé un subreddit : r/SovereignIT.

Il est en anglais, délibérément. Je travaille en France, et une bonne partie de mes conversations quotidiennes sur ces sujets se passe en français, mais la souveraineté technologique n'est pas une préoccupation française. Elle est européenne, et au-delà internationale. Je veux dans le même fil de discussion des gens de pays différents et d'écosystèmes technologiques différents, y compris des gens dont la situation nationale ne ressemble en rien à la nôtre.

Ce qu'on y trouve

En gros : les fournisseurs de cloud européens et l'infrastructure numérique. Les dépendances technologiques et l'autonomie stratégique. L'open source, les standards ouverts, l'interopérabilité et la réversibilité. Les entreprises technologiques européennes, leur financement et leurs repreneurs. Le rôle des hyperscalers américains en Europe. La souveraineté des données et les législations extraterritoriales. La souveraineté de l'IA : modèles, calcul, infrastructure. Les semi-conducteurs, le matériel et les chaînes d'approvisionnement. La commande publique, la réglementation et la politique industrielle. Et la critique de l'agenda souverainiste lui-même, sur laquelle je reviens plus bas.

Ce que je ne cherche pas à faire, c'est collecter tout ce qui contient le mot « souveraineté ». L'essentiel de ce qui porte cette étiquette est du bruit. Le filtre, c'est de savoir si un lien révèle une vraie dépendance, un vrai choix stratégique ou un vrai arbitrage, et s'il mérite le temps de quelqu'un qui connaît déjà les bases.

Ce n'est pas une communauté Clever Cloud

C'est une initiative personnelle. r/SovereignIT n'est en rien un espace officiel de Clever Cloud.

Mon travail façonne évidemment ma façon de voir ces questions. Je passe mes journées autour de l'infrastructure cloud européenne et des gens qui la choisissent ou la refusent, et c'est un poste d'observation utile. Il arrivera que des actualités Clever Cloud y aient leur place. Mais le subreddit doit rester bien plus large qu'une entreprise, et il ne doit jamais devenir un canal promotionnel. S'il finit par être un endroit où la réponse à toutes les questions de souveraineté se trouve être mon employeur, il aura échoué, et il l'aura mérité.

La souveraineté n'est pas l'autarcie

Le subreddit n'a pas vocation à applaudir quelque chose au seul motif que c'est européen, ou qu'une équipe marketing a décidé de l'appeler souverain.

La souveraineté technologique est bien plus compliquée que le remplacement de chaque produit américain par un équivalent européen. Le vrai travail consiste à déterminer quelles dépendances comptent réellement, où l'Europe a besoin d'une capacité autonome, où les standards ouverts et la possibilité de partir suffisent, où les partenariats internationaux sont nécessaires et sains, et où l'on peut construire assez de rapport de force pour garder nos options ouvertes. La souveraineté, telle que je la comprends, ce n'est pas l'autosuffisance. C'est comprendre ses dépendances, les choisir délibérément, et rester capable de changer d'avis.

C'est pour ça que les contre-arguments n'y sont pas une nuisance tolérée : ils font partie de la matière. La critique du protectionnisme. Les réglementations mal conçues, et il y en a. Les alternatives « souveraines » simplement moins bonnes, qu'on nous demande d'adopter par devoir. Les fantasmes de reconstruction de piles technologiques entières en partant du sable. La souveraineté utilisée comme étiquette vide pour gagner un appel d'offres. Tout ça y a sa place.

Ce que j'aimerais que ça devienne

Un endroit où trouver les actualités et les analyses qui valent vraiment la lecture. Une archive partagée où un événement isolé peut être relié à la tendance de fond à laquelle il appartient. Un lieu où praticiens, chercheurs, décideurs publics et citoyens intéressés discutent dans le même fil. Un espace où les affirmations sur la souveraineté sont interrogées plutôt que répétées.

Je ne vais pas fabriquer de l'activité. Je préfère publier quatre choses par semaine avec assez de contexte pour lancer une vraie conversation que quarante liens que personne n'ouvre.

Si tout ça vous intéresse, venez nous rejoindre. Postez ce que vous lisez. Répondez à quelqu'un. Et si vous pensez que tout l'agenda de la souveraineté technologique est mal orienté, protectionniste ou naïf, c'est un argument que j'ai envie de voir là-bas, correctement défendu.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Du bonnet à œuf au chapeau de paille : Monkey D. Luffy au crochet

24 août 2026 par Horacio Gonzalez

Où une blague sur le petit-déjeuner finit en pirate

Un œuf coiffé d'un petit bonnet orange au crochet, posé dans le bac à œufs du frigo, avec un visage dessiné dessus

Chacun de mes projets commence à des kilomètres de là où il finit. Celui-ci a commencé dans le frigo.

J'ai fait un minuscule bonnet orange. Pour un œuf. Il n'y avait aucun plan derrière, juste l'envie de voir si j'arrivais à crocheter quelque chose d'aussi petit. Une fois le bonnet terminé, la suite coulait de source : le poser sur un œuf, lui dessiner une tête et le laisser dans le bac à œufs pour que quelqu'un tombe dessus.

Ma femme a ri, et c'était une erreur

Parce qu'il ne m'en faut pas plus.

Un œuf coiffé d'un chapeau de paille jaune au crochet avec un ruban rouge, façon One Piece

Si un œuf a droit à un chapeau, le reste de la boîte est victime d'une injustice. J'en ai donc commencé un deuxième, et quelque part entre la boucle magique et le premier tour d'augmentations, la laine jaune que j'avais en main a cessé d'être simplement de la laine jaune. Calotte jaune, ruban rouge, bord large. Il n'existe qu'un seul chapeau qui ressemble à ça, et n'importe quel fan de One Piece le reconnaît à dix mètres.

Le chapeau de paille pour œuf est mieux sorti que le bonnet. Le plus intéressant, c'était le bord : il doit s'évaser bien à plat sans gondoler, ce qui demande beaucoup d'augmentations réparties aux bons endroits, et une certaine tolérance au détricotage quand le résultat ressemble plutôt à un saladier.

Nube l'essaie

Notre chatte, Nube, n'a jamais donné son consentement à quoi que ce soit, mais elle reste immobile quand elle est bien, et ça revient à peu près au même.

Nube, une chatte blanche, allongée sur le tapis avec le petit chapeau de paille jaune au crochet sur la tête

Elle l'a porté quatre secondes. C'était largement suffisant. Devant une chatte blanche profondément blasée coiffée d'un chapeau de paille, l'étape suivante a cessé d'être une idée pour devenir une simple chose que je n'avais pas encore faite : si le chapeau est aussi reconnaissable à cette taille, il fallait bien que le reste de Luffy existe en dessous.

Mon fils aîné adore One Piece. Le projet avait choisi son destinataire avant même que je prenne le crochet.

Pas de patron, juste beaucoup d'observation

Travail en cours : un corps d'amigurumi nu en laine chair avec un short bleu, tenu à côté du chapeau de paille terminé

Je n'ai suivi aucun patron. J'ai en revanche passé un nombre gênant de soirées à regarder ceux des autres.

Il existe des dizaines d'amigurumis de Luffy, beaucoup sont magnifiques, mais aucun n'était celui que j'avais en tête. Certains trop chibi, d'autres trop réalistes, et la plupart nettement plus grands que le chapeau que j'avais déjà fabriqué. C'était ça, la vraie contrainte : le chapeau existait en premier, donc tout le reste devait être construit pour aller avec un chapeau que je n'avais pas l'intention de refaire.

Le « patron » a donc surtout été une lente accumulation d'idées piquées à droite et à gauche. La façon dont telle personne gère les cheveux. La façon dont telle autre fixe les bras. À quoi ressemble un visage quand les yeux sont aussi gros par rapport à la tête. Ensuite, beaucoup de comptage, beaucoup de détricotage, et un corps dimensionné en le tenant contre le chapeau tous les trois tours.

Le monter pièce par pièce

Il s'est assemblé par étapes, et chaque étape avait l'air ratée jusqu'à ce que la suivante la rattrape.

Travail en cours : l'amigurumi avec ses cheveux en laine noire, ses yeux de sécurité et ses bras fixés, coiffé du chapeau mais sans gilet

Le corps nu est l'objet le moins prometteur que j'aie jamais crocheté : un truc chauve et vide avec des yeux immenses, plus poupée hantée que capitaine pirate. Puis les cheveux sont arrivés, mèche par mèche en laine noire, et tout a basculé en une vingtaine de minutes. Les cheveux font ici un travail absolument disproportionné.

Le gilet rouge est venu ensuite, crocheté à part et ouvert devant pour laisser voir le torse et la cicatrice. À ce stade il était reconnaissable mais bizarrement fade, et j'ai failli m'arrêter là.

Travail en cours : l'amigurumi avec son gilet rouge et son chapeau de paille, avant l'ajout de la ceinture jaune

Heureusement que non. Ce sont les derniers détails qui ont tout fait basculer : la ceinture jaune nouée à la taille, et les sandales, avec leurs lanières brodées au fil foncé. Minuscules, pénibles, cinq minutes de travail chacune, et ce sont pourtant elles qui font la différence entre « une poupée au crochet avec un chapeau de paille » et « Luffy ».

Il vit dans la chambre de mon fils

L'amigurumi de Monkey D. Luffy terminé, tenu dans une main, avec son chapeau de paille, son gilet rouge, sa ceinture jaune et son short bleu

Mon fils l'a adoré. C'est toute la récompense, et elle vaut chaque tour détricoté : il l'a pris, retourné dans tous les sens, trouvé la cicatrice sous l'œil et les lanières des sandales, puis l'a posé bien en vue. Luffy est dans sa chambre maintenant, sur une étagère, ce qui est la plus haute distinction disponible dans cette maison.

L'amigurumi de Monkey D. Luffy terminé, debout sur un support noir, les bras écartés

Vingt centimètres de pirate, descendant en ligne directe d'une blague sur un œuf.

Et vous, est-ce qu'un de vos petits projets idiots a déjà dégénéré en quelque chose qui compte vraiment ? Racontez-moi où le vôtre a atterri.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Gnomesummer : cinq gnomes, deux oies et pas un seul soldat

10 août 2026 par Horacio Gonzalez

Un village sans guerriers, et ce qu'il a attrapé à la place

La bande Gnomesummer au complet : cinq gnomes et deux oies

En octobre dernier, j'ai rempli ma table de 31 faces vertes hargneuses pour Goblintober. Cet été, j'ai pris la direction opposée : moins de figurines, des visages plus doux, et un projet qui s'est révélé bien plus personnel que prévu.

Gnomesummer est fini. Cinq gnomes et deux oies, créés pour la Paper Miniature Jam 4, et le set complet est maintenant en ligne sur itch.io, gratuit ou à prix libre.

Pas ces gnomes-là

Quand on dit « gnome » autour d'une table de jeu, tout le monde imagine le bricoleur : lunettes de soudeur, clés à molette, cheveux bleus, une machine sur le point d'exploser. Ce n'est pas le gnome de mon enfance.

Les miens, ce sont les gnomes de David le Gnome, ceux des livres et du dessin animé. Bonnet pointu, bottes, petites lunettes rondes. Des habitants de la forêt qui vivent quatre cents ans, remettent en place l'aile de chaque oiseau qu'ils trouvent, et sont pacifistes jusqu'à l'os.

C'est de là que vient tout le projet, en fait. David était médecin. Ce détail m'est resté en tête pendant une quarantaine d'années, et quand je me suis assis pour esquisser une bande, c'est la première chose qui est sortie du crayon.

Je n'ai changé qu'une seule chose, et uniquement parce que les tables de jeu sont impitoyables. Dans les livres, un gnome mesure quinze centimètres, assez petit pour s'abriter sous un champignon. C'est charmant sur la page et catastrophique à côté de vos autres figurines. Les miens font donc à peu près un mètre, bonnet compris : plus petits qu'un gobelin de la tête aux pieds, et plus grands dès qu'on compte le bonnet.

Quand la forêt est découverte

Voici la prémisse autour de laquelle j'ai construit la bande.

Pendant des siècles, la forêt des gnomes n'était tout simplement sur aucune carte. Trop profonde, trop enchevêtrée, trop facile à contourner, et ça convenait très bien aux gnomes. Puis, une saison, ça a cessé d'être vrai. Les orcs sont venus pour le bois. Les gobelins sont venus parce que les gobelins viennent toujours. Les elfes sont arrivés pour « protéger » la forêt, ce qui revenait à décider qui avait le droit d'y vivre. Et les loups, vieux voisins et vieux accords, ont trouvé de nouveaux maîtres qui les nourrissaient mieux que les bois ne l'avaient jamais fait.

Les gnomes n'avaient pas de guerriers. Ils n'avaient même pas de mot pour guerrier. Ce qu'ils avaient, c'était quatre cents ans de patience et ce qu'ils tenaient déjà entre les mains.

D'où la consigne que je me suis donnée pour le dessin : chaque figurine doit avoir l'air de quelqu'un qui préférerait être ailleurs, à faire quelque chose de plus gentil. Des pacifistes à court d'options sont bien plus intéressants à dessiner qu'une énième escouade de soldats professionnels.

La bande

La Garde-Lance

La Garde-Lance

Une lance qui est surtout un bâton de marche. Un bouclier qui était autrefois un plateau de table. Elle tient la ligne, et ça ne l'enchante pas du tout. Les lunettes sont volontaires : ce n'est pas une soldate, c'est la mère de quelqu'un avec un bâton pointu.

Le Guérisseur

Le Guérisseur

Le médecin du village, et la raison d'être de tout ce projet. Quatre cents ans à remettre en place des ailes d'oiseaux et des pattes de blaireaux. C'est le seul de la bande à ne rien porter qui puisse blesser qui que ce soit. Il a réparé un millier d'os brisés, et pas un seul ne l'avait été exprès.

Le Bûcheron

Le Bûcheron

Tous les autres improvisent une arme à partir d'un outil. Son outil, lui, était déjà une arme. Deux cents ans à fendre le chêne, et une hache se moque bien de ce qu'on lui donne à fendre. Il ne voulait pas être doué pour ça, et il l'est. Plus personne au village ne le regarde en face, et il l'a remarqué.

La Fronde à Glands

La Fronde à Glands

Une fronde de berger et une bourse de glands, la même qu'elle utilise depuis quatre-vingts ans pour éloigner les corbeaux des jeunes pousses. Rien là-dedans n'a jamais été une arme. Elle ne rate jamais.

La Gardienne des Oies

La Gardienne des Oies

La matriarche du village, les clés du cellier à la ceinture et quatre cents ans d'autorité derrière elle. Quand les envahisseurs sont arrivés, elle n'est pas allée chercher une arme. Elle avait un rouleau à pâtisserie, et elle avait les oies : territoriales, furieuses, presque aussi grandes qu'elle. Elle les a simplement lâchées vers la lisière.

Si la Garde-Lance est la mère de quelqu'un avec un bâton pointu, elle, c'est la grand-mère de quelqu'un avec un rouleau à pâtisserie et deux oies très en colère. C'est peut-être la plus dangereuse du set.

Pourquoi rien ne s'accorde

Regardez-les tous les cinq ensemble : les couleurs jurent. C'est voulu, et c'est la décision de design dont je suis le plus content.

Une bande en uniforme suppose un intendant qui distribue l'équipement. Ces gnomes ont attrapé ce qu'ils possédaient déjà et ont franchi la porte. Ce sont des civils, pas une troupe, et je voulais que ça se voie jusque dans leurs vêtements. Le seul fil que j'ai gardé constant, c'est la silhouette, bonnet pointu et carrure ronde, pour qu'ils se lisent comme une même bande quel que soit l'écart des palettes.

Les oies ont leur propre socle sur la planche d'impression, vous pouvez donc les réutiliser librement : alignez toute une volée, ou glissez-les dans n'importe quelle partie comme des animaux de ferme d'humeur exécrable.

À imprimer et à jouer

Le set complet est en ligne, gratuit ou à prix libre :

→ Gnomesummer – La bande de gnomes au complet sur itch.io

Chaque figurine s'imprime recto verso sur une bande de 55 mm, environ 30 mm jusqu'à la pointe du bonnet, de quoi tenir debout à côté de figurines au 28 mm. Imprimez autant d'exemplaires de chacune que votre table le demande, découpez, pliez, soclez, jouez. Et comme une certaine bande verte est passée par ici l'automne dernier, elles s'opposent directement aux gobelins de Goblintober, une bataille désormais canonique chez moi.

Cinq figurines, c'est un rythme très différent de 31. Goblintober était un sprint quotidien où la contrainte réfléchissait à ma place ; Gnomesummer m'a laissé rester des jours avec chaque personnage et lui donner une vraie vie intérieure. Je ne sais pas lequel des deux j'ai préféré, mais je sais lequel m'a fait repenser le plus souvent aux livres de mon enfance.

Merci à toutes celles et ceux qui ont suivi l'aventure tout l'été, sur le blog, sur Instagram et sur les forums, et qui ont donné leur avis en chemin. Un village qui n'avait pas de soldats, pas de guerriers, pas même un mot pour ça, a défendu ses bois avec des bâtons de marche, des ustensiles de cuisine et des volailles, et le voilà maintenant sur votre table à vous aussi.

Attention aux champignons.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany


Gnomesummer est publié par Korrigan Press. Le making-of complet se trouve dans le billet d'introduction et le billet de sortie. Les avancées au jour le jour sont sur Instagram @lostinbrittany.

Le blog est de retour (11 ans après)

20 mars 2026 par Horacio Gonzalez
LostInBrittany

Onze ans. Onze ans que ce blog est resté silencieux. Le dernier billet datait de janvier 2015, quand je dessinais des réactions aux attentats de Charlie Hebdo. Et puis... plus rien.

Le blog n'est pas mort pendant ces onze ans, attention. Il a continué à exister, fidèle à son poste, tournant sur son serveur WordPress. Il recevait ses mises à jour de sécurité, ses patches de plugins, ses montées de version. Tout ça pour un blog que plus personne ne lisait, même pas moi. C'est un peu absurde quand on y pense : maintenir un WordPress à jour, c'est comme tondre la pelouse d'une maison abandonnée.

L'âge d'or de la blogosphère

Ce blog a été créé en 2006, d'abord sur Dotclear, puis migré vers WordPress. C'était l'âge d'or de la blogosphère française, quand les blogs étaient des lieux de conversation et de communauté. On avait des blogrolls (vous vous souvenez des blogrolls ?), on se citait les uns les autres, on commentait chez les copains. C'était une époque où le web était encore un endroit à taille humaine.

1156 billets. Oui, mille cent cinquante-six. Des billets sur le développement web, sur les jeux de rôles, sur mes dessins, sur la Bretagne, sur la vie d'expatrié espagnol, sur à peu près tout ce qui me passait par la tête entre 2006 et 2015. Et 2447 commentaires, qui sont une partie tout aussi importante de l'histoire de ce blog.

Pourquoi migrer ?

La question n'était pas vraiment pourquoi migrer, mais plutôt pourquoi ne pas simplement éteindre. Et la réponse est simple : vingt ans de souvenirs, ça ne s'efface pas comme ça. Ce blog contient des dessins que je ne retrouverai nulle part ailleurs, des conversations avec des gens que je ne vois plus, des traces d'une époque révolue du web.

Mais maintenir un WordPress pour un blog-archive, c'est un non-sens. Une base de données MySQL, un serveur PHP, des mises à jour de sécurité permanentes, des plugins qui cassent à chaque montée de version... Tout ça pour servir du contenu statique qui ne change plus jamais.

La solution : Eleventy. J'utilise déjà Eleventy pour mes autres sites (lostinbrittany.com et lostinbrittany.dev). C'est un générateur de sites statiques : du Markdown qui se transforme en HTML. Pas de base de données, pas de serveur applicatif, pas de failles de sécurité WordPress. Juste des fichiers statiques déployés en quelques secondes.

1156 billets, c'est beaucoup

Le problème, c'est que migrer 1156 billets à la main, c'est tout simplement impossible. Le contenu est un joyeux mélange de HTML brut, de shortcodes WordPress, d'images dans tous les formats, de vidéos embarquées, de scripts JavaScript inline (oui, j'avais fait une animation de sprite en JavaScript en 2007, et elle marche encore). Et je voulais garder les commentaires, parce qu'ils font partie de l'histoire.

C'est là que Claude Code entre en jeu.

La migration avec Claude

J'ai fourni à Claude l'export XML WordPress, les templates du projet Eleventy, les composants WebC, et je lui ai demandé de construire le script de migration. En quelques heures de travail collaboratif, itération après itération, on a construit ensemble :

  • Un script de migration (wp-to-11ty.js) qui parse l'export XML WordPress, convertit le HTML en Markdown avec Turndown, génère le front matter Eleventy, et préserve les blocs HTML avec attributs (les div avec des classes CSS, les style et script inline)
  • Un script de migration des commentaires (wp-comments.js) qui extrait les 2447 commentaires et les stocke en JSON, avec les gravatars
  • La réécriture des URLs : les chemins /dotclear/images/, les URLs absolues lostinbrittany.org, les images hébergées sur d'autres domaines — tout a été réécrit pour pointer vers des copies locales
  • La pagination de la page d'accueil, les pages de tags, les archives par année/mois, le blogroll avec les sprites des BD brestoises, le flux RSS
  • L'adaptation des couleurs et polices du thème WordPress original : le brun doré #7f4c00, le fond #dab873, la police Trebuchet MS
  • Le nettoyage des scripts externes morts (widgets Ubuntu, gadgets Google) tout en préservant les scripts inline fonctionnels

Le résultat, c'est ce que vous êtes en train de lire.

Ce que ça dit sur notre époque

Il y a un an, cette migration aurait été dans ma liste des "trucs que je ferai quand j'aurai le temps", c'est à dire jamais. Pas parce que c'est techniquement impossible, mais parce que le rapport effort/bénéfice ne justifiait pas les dizaines d'heures nécessaires.

Les assistants IA ne remplacent pas le développeur. Ils changent le calcul coût/bénéfice. Des projets qu'on repoussait indéfiniment deviennent soudain réalisables en une journée. Du code legacy qu'on n'osait pas toucher devient migrables. Des archives qu'on aurait laissé mourir sont sauvées.

Ce blog est maintenant un site statique. Plus de WordPress, plus de MySQL, plus de PHP, plus de mises à jour de sécurité. Juste 1156 billets en Markdown, 2447 commentaires en JSON, et vingt ans de souvenirs préservés dans un format qui durera.

Bienvenue de retour sur LostInBrittany.

Mise à jour : quelques billets rapatriés

Octobre 2026. Entre l'automne 2025 et ce retour, j'ai écrit sur LostInBrittany.com, mon blog geek en anglais, français et espagnol. Depuis, les versions françaises de mes nouveaux billets sont publiées ici. Pour que l'archive soit complète, j'ai rapatrié aussi les billets français de cette période : ils apparaissent donc avec leur date d'origine, avant ce billet de retour, même s'ils sont arrivés ici après lui.

Vous y trouverez mes débuts au crochet, d'un trapèze bancal au bonnet de Père Noël pour une Funko Pop, le défi Goblintober pour Korrigan Press, et le réveil de mon imprimante 3D avec des boîtes de Leitner.

Boîtes de Leitner : Quand l'impression 3D devient utile

28 décembre 2025 par Horacio Gonzalez

Parfois, les meilleurs projets sont ceux qui aident votre famille

Boîte de Leitner imprimée en 3D

Mon imprimante 3D était inactive depuis un moment. Pas cassée, pas oubliée – juste... en attente. Entre le travail et la vie quotidienne, je n'avais pas trouvé de projet qui suscite cette envie créative. Jusqu'à ces vacances de Noël, quand mon fils a mentionné son prochain examen d'anglais et une pile de verbes irréguliers à mémoriser.

Le long chemin jusqu'ici

Je m'intéresse à la modélisation et à l'impression 3D depuis plus de 15 ans maintenant. Tout a commencé avec un objectif très précis : imprimer des figurines Blood Bowl personnalisées. À l'époque, posséder une imprimante n'était pas vraiment une option, alors j'utilisais Shapeways – téléchargeant mes designs et les recevant par courrier des semaines plus tard. L'anticipation faisait partie de la magie.

Finalement, j'ai mis la main sur une Ultimaker. Pas de tutoriels, pas de filet de sécurité – juste des essais, des erreurs et beaucoup d'impressions ratées. Mais avec chaque échec venait la compréhension, et lentement, j'ai appris le métier.

Il y a quelques années, juste avant la pandémie, j'ai acheté une Ender 3 v2. Cette imprimante a beaucoup travaillé – principalement pour imprimer des accessoires et des véhicules Playmobil pour les enfants. Petites voitures, minuscules meubles, pièces personnalisées qui donnaient vie à leurs jeux imaginatifs.

Mais ces deux dernières années ? L'imprimante prenait la poussière. Trop occupé, trop distrait, trop d'autres priorités.

Place à la boîte de Leitner

Compartiments de la boîte de Leitner

Pour ceux qui ne connaissent pas, une boîte de Leitner est un système d'apprentissage d'une simplicité brillante. Vous organisez des cartes mémoire dans des compartiments en fonction de votre niveau de maîtrise. Les cartes avec lesquelles vous avez des difficultés restent dans le premier compartiment et sont révisées fréquemment. Au fur et à mesure que vous les maîtrisez, elles passent dans les compartiments suivants avec des intervalles de révision plus longs. C'est la répétition espacée rendue tangible.

Mon fils avait déjà préparé des fiches avec des verbes irréguliers. Il lui fallait juste le système de boîte pour que la méthode d'apprentissage fonctionne. Et soudain, j'avais mon projet.

OpenSCAD et 15 heures d'impression

Impression de la boîte de Leitner

J'ai lancé OpenSCAD – mon outil de modélisation préféré – et j'ai commencé à concevoir. La beauté de la modélisation paramétrique, c'est que vous pouvez ajuster la taille des compartiments, l'épaisseur des parois et les dimensions jusqu'à ce que tout fonctionne parfaitement.

Quinze heures plus tard, l'Ender 3 v2 a livré. La boîte est sortie parfaitement – compartiments solides, parois lisses, tout s'assemblant comme prévu.

La meilleure récompense

Boîtes de Leitner terminées

Le regard de mon fils quand il l'a vue ? Valait chaque minute de conception et d'impression.

Mais ensuite, ma femme l'a regardée. « C'est vraiment utile », a-t-elle dit. « Peux-tu en imprimer deux de plus ? Les trois enfants devraient en avoir une. »

Et comme ça, mon imprimante est de retour en activité. Pas pour imprimer des jouets ou des nouveautés – mais des outils qui aident ma famille à apprendre et à grandir.

Parfois, les meilleurs projets ne sont pas les plus complexes ou les plus impressionnants. Ce sont ceux qui résolvent un vrai problème pour les personnes qui vous sont chères.

Et maintenant ?

L'Ender 3 v2 est de retour en service actif. Je pense déjà à d'autres choses utiles que je peux concevoir et imprimer. Après des années à imprimer des accessoires amusants, ça fait du bien de créer quelque chose de vraiment pratique.

De plus, j'ai deux autres boîtes de Leitner à imprimer. Mon imprimante et moi avons du travail.

Quels projets ont redonné vie à vos outils de maker ? J'aimerais entendre parler de choses utiles que vous avez conçues pour votre famille !

Salut,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Bonnet de Père Noël : transformer le quotidien en festif

10 novembre 2025 par Horacio Gonzalez

Quand l'esprit de Noël rencontre la résolution créative de problèmes

Rey de Noël avec bonnet de Père Noël en crochet rouge et blanc

Vous connaissez ce moment où vous regardez autour de vous en pensant aux décorations de Noël, et au lieu d'acheter plus de trucs, votre cerveau se dit : "Et si je pouvais transformer ce que j'ai déjà ?"

Voici le petit bonnet de Père Noël. Parce qu'apparemment, ma solution pour décorer de façon saisonnière, c'est de crocheter des accessoires pour les Funko Pops.

L'idée de transformation

Après avoir fait le rond de serviette de Noël, j'étais assez confiant avec les couleurs festives. Mais au lieu de faire une autre décoration autonome, j'ai eu une pensée différente : et si je pouvais transformer la figurine Rey de ma femme en décoration de Noël juste en ajoutant un petit bonnet ?

Soudain, Rey de Star Wars devient une pièce d'exposition saisonnière. Magie ? Non. Magie-laine ? Absolument.

Le défi technique

Bien sûr, j'avais déjà fait du crochet 3D avec la citrouille d'Halloween, mais c'était différent. Ça devait vraiment s'adapter à quelque chose de spécifique. Soudain je me retrouve à gérer des mesures précises, un façonnage soigneux, et l'éternelle question : "Est-ce que c'est vraiment en forme de bonnet, ou est-ce que je fais juste un cône rouge avec des délires de grandeur ?"

Détail du bonnet de Père Noël montrant le bord blanc et le corps rouge

Mais il y a quelque chose de profondément satisfaisant à regarder un cercle plat se transformer lentement en quelque chose en forme de bonnet. Même quand on n'est pas entièrement sûr que ça va marcher jusqu'au tout dernier point.

L'esprit de Noël

Il y a quelque chose à propos de faire un bonnet de Père Noël qui crie vraiment "Je m'engage vraiment dans ce truc de Noël". Ce n'est pas subtil. Ce n'est pas discret. C'est de la joie festive pure et sans complexe sous forme de laine.

Mais plus que ça, il y a quelque chose de brillant dans le concept : au lieu de faire plus de décorations à ranger, je fais des accessoires qui transforment les choses existantes en joie saisonnière. Rey devient festive pendant quelques semaines, puis redevient son moi Jedi habituel.

Rey de Noël avec bonnet de Père Noël en crochet rouge et blanc

Et maintenant ?

Le bonnet s'est avéré mieux que j'osais l'espérer, il va parfaitement à Rey ! Et maintenant je regarde toutes les autres possibilités : plus de petits accessoires pour les peluches et jouets dans la maison, peut-être quelques vraies décorations d'arbre, ou qui sait quoi d'autre.

Je prends vraiment plaisir à ce voyage crochet, il y a quelque chose d'addictif à transformer la laine en exactement ce qu'on visualise. Mon stock de laine me regarde avec ce que je ne peux décrire que comme de l'anticipation nerveuse.

La joie de créer saisonnier

Il y a quelque chose de spécial à faire des choses qui sont liées à une période spécifique de l'année. Ce bonnet vivra dans une boîte pendant onze mois, mais pendant ce mois magique, ce sera de la joie pure. Et honnêtement, ça me semble être un assez bon compromis.

Quels projets saisonniers avez-vous abordés ? Je suis toujours curieux de savoir ce qui pousse les gens à faire des choses qu'ils n'utiliseront que quelques semaines par an !

Salut,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Rond de serviette de Noël : l'évolution festive

3 novembre 2025 par Horacio Gonzalez

Quand les bonnes idées deviennent festives

Rond de serviette de Noël en rouge et vert

Vous vous souvenez quand j'ai mentionné faire des ronds de serviette de Noël dans mon post Halloween ? Eh bien, je n'ai pas pu attendre décembre, le premier est déjà sorti de mon crochet !

D'Halloween à Noël

La technique reste magnifiquement inchangée : base d'anneau de rideau en bois, base en mailles serrées, volants en brides, et bordure contrastante. Mais oh, quelle différence font les couleurs !

Là où la version Halloween était tout orange mystérieux et noir dramatique, cette itération de Noël est pure chaleur de fêtes – volants rouge riche avec une bordure vert profond qui crie littéralement "table de fête".

La magie de l'adaptation saisonnière

Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à prendre une technique qu'on maîtrise et la voir se transformer avec rien de plus qu'un changement de couleur. Mêmes mains, mêmes mouvements, même structure de base, mais la personnalité change complètement.

L'anneau Halloween murmurait "mystère d'automne". Cette version de Noël chante pratiquement "joie des fêtes".

Artisanat de Noël précoce

Je sais qu'on n'est qu'au début novembre, mais il y a quelque chose de merveilleux à prendre de l'avance sur les créations de fêtes. Pas de précipitation, pas de pression juste la satisfaction tranquille de créer quelque chose de beau pendant que l'idée est fraîche et l'enthousiasme au plus haut.

En plus, maintenant j'ai tout un mois pour décider si je veux vraiment en faire cinq de plus, ou si un échantillon parfait suffit à satisfaire l'envie créative.

Rond de serviette de Noël en rouge et vert à côté du rond de serviette Halloween en orange et noir

La technique qui continue de donner

Ça doit être une de mes découvertes préférées de cette année – trouver une technique simple qui s'adapte à l'infini. Couleurs d'Halloween, couleurs de Noël... les couleurs pastel de Pâques sont probablement les prochains, suivis des couleurs vives d'été.

C'est comme avoir une recette fiable qui marche avec tous les ingrédients qu'on a sous la main. La base reste la même, mais les saveurs peuvent changer avec les saisons.

Quelles techniques avez-vous trouvées qui s'adaptent magnifiquement à différentes occasions ? Je cherche toujours de nouvelles façons de réutiliser des projets réussis !

Salut,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Bande de guerre Goblintober complète : un mois de chaos créatif

1 novembre 2025 par Horacio Gonzalez

Trente et un jours, une bande de guerre complète

Calendrier complet Goblintober 2025 montrant tous les gobelins

Le 1er novembre semble être le moment parfait pour prendre du recul et s'émerveiller de ce qu'octobre a apporté : une bande de guerre gobeline complète, née de la discipline quotidienne du défi Goblintober.

Le défi terminé

Ce qui a commencé comme une expérience créative est devenu un voyage d'un mois de conception de personnages, de narration et de croissance artistique. Trente et un jours, trente et une figurines de gobelins uniques, chacune avec sa propre personnalité, son rôle et son histoire.

Du modeste Garde-Lance du jour 1 à la puissante Cheffe du jour 30, chaque gobelin a trouvé sa place dans cette bande de guerre chaotique et attachante.

Plus que de simples figurines

En regardant cette vue calendrier, ce qui me frappe le plus n'est pas seulement la progression artistique (bien qu'elle soit définitivement là), mais la narration qui a émergé. Chaque gobelin n'est pas juste une figurine – c'est un personnage avec un but :

  • Le Lâche qui garde l'arrière avec des retraites tactiques
  • L'Ingénieure dont les engins peuvent exploser ou pas
  • La Maîtresse des Bêtes avec sa meute de raptors
  • L'Intendant qui sait où tout se trouve (et garde rancune)
Calendrier complet Goblintober 2025 montrant tous les gobelins

La routine quotidienne

Honnêtement ? Certains jours étaient géniaux – les idées coulaient et le gobelin se dessinait pratiquement tout seul. D'autres jours, je fixais une feuille blanche en me demandant dans quoi je m'étais foutu.

Mais il y a quelque chose d'étrangement satisfaisant dans la règle "un gobelin par jour". Ça m'a empêché de trop réfléchir (mon tueur créatif habituel) et m'a juste forcé à... faire quelque chose. N'importe quoi. Même si c'était bancal.

Communauté et connexion

Ce qui a rendu ce défi encore plus spécial, c'est de le partager au fur et à mesure. Chaque gobelin du jour est parti dans le monde (sur Instagram, d'autres réseaux sociaux, et des communautés de figurines en papier comme Cardboard Warriors...) connectant avec d'autres créateurs, des passionnés de JDR, et tous ceux qui appréciaient la dose quotidienne de chaos gobelin.

La réponse a été incroyable – des gens qui suivaient, suggéraient des types de personnages, m'encourageaient avec des commentaires et du soutien. Ce qui a commencé comme un défi créatif solo est devenu quelque chose qui a aussi apporté de la joie aux autres.

La bande de guerre perdure

Maintenant que novembre est arrivé, ce n'est pas une fin – c'est un début. Le Set de Bande de Guerre Goblintober sera bientôt disponible comme collection complète, prêt à apporter le chaos sur les tables de jeu partout.

Mais plus que ça, cette bande de guerre gobeline m'a appris sur le pouvoir de la pratique créative quotidienne, la joie de la créativité basée sur les contraintes, et la magie qui arrive quand on s'engage à se présenter chaque jour.

Vers l'avenir

Alors que je passe de la création quotidienne de gobelins à d'autres poursuites créatives (plus de figurines en papier, mon voyage crochet en cours, et tout ce qui attire mon attention merveilleusement éparpillée) j'emporte avec moi les leçons de Goblintober : la constance bat la perfection, les contraintes alimentent la créativité, et il y a toujours de la place pour un peu plus de chaos dans le monde.

La bande de guerre est complète, mais le voyage créatif continue.

Quels défis créatifs quotidiens ont façonné votre pratique artistique ? J'aimerais entendre parler de vos propres expériences de discipline créative !

Salut,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany


Le Set de Bande de Guerre Goblintober complet sera bientôt disponible depuis Korrigan Press. Suivez les mises à jour sur Instagram @lostinbrittany pour les annonces de sortie.

Goblintober : la seconde moitié du mois

31 octobre 2025 par Horacio Gonzalez
Goblintober: la seconde moitié du mois

Goblintober est terminé ! Les 16 derniers jours nous ont apporté des spécialistes, des leaders et des semeurs de chaos pour compléter notre bande de guerre gobeline. Voici la seconde moitié du défi :


Jour 16 : L'Escarmoucheur

Armé d'une hache de lancer et de nerfs de... eh bien, quelque chose proche de l'acier, ce gobelin danse au bord du danger. Approchez-vous trop près et vous découvrirez à quel point ces lancers sont vraiment précis.

Jour 16 - L'Escarmoucheur


Jour 17 : L'Ingénieure

Quand la bande de guerre a besoin que quelque chose explose, s'effondre ou (occasionnellement) fonctionne, ils appellent l'Ingénieure.

Téméraire et déterminée, elle est le cerveau derrière chaque engin de siège branlant, bombe instable et engin mystérieusement étincelant sur le champ de bataille.

Bien sûr, tout ne survit pas à la phase de test, mais comme l'Ingénieure dit toujours : "Si ça n'a pas explosé, ce n'était pas fabriqué par des gobelins !"

Jour 17 - L'Ingénieure


Jour 18 : Le Vétéran

Cicatrices, bosses et plus d'histoires que de dents... le Vétéran a tout vu. Bourru, grincheux et fier de chaque blessure, c'est le genre de gobelin qui a survécu à plus de batailles que la plupart ne s'en souviennent. Quand il parle, les autres écoutent... principalement parce qu'il est plus bruyant.

Jour 18 - Le Vétéran


Jour 19 : Le Chasseur

Tous les gobelins ne comptent pas sur des bâtons pointus et des cris forts — certains préfèrent une approche plus précise. Le Chasseur échange l'arc contre la poudre noire, traquant sa proie avec une visée stable et un sourire malicieux.

Silencieux, patient et sentant légèrement la poudre, il apporte un peu de sophistication (et beaucoup de fumée) à la bande de guerre.

Jour 19 - Le Chasseur


Jour 20 : La Combattante des Tunnels

Quand la bataille se déplace sous terre, la bande de guerre appelle la Combattante des Tunnels. Elle est intrépide dans l'obscurité, ou peut-être juste trop têtue pour remarquer le danger.

Elle connaît chaque tournant, chaque écho, chaque ombre... Là-bas, dans les tunnels claustrophobes, elle est dans son élément... et les ennemis ne le sont pas.

Jour 20 - La Combattante des Tunnels


Jour 21 : Le Lanceur de Bombes

Certains gobelins se faufilent, certains poignardent — et puis il y a le Lanceur de Bombes, qui croit que chaque problème peut être résolu avec une explosion suffisamment forte.

Armé d'une sacoche pleine de bombes artisanales et d'absolument aucun sens de l'auto-préservation, il est l'arme la plus dangereuse de la bande de guerre... surtout pour tous ceux à proximité.

Jour 21 - Le Lanceur de Bombes


Jour 22 : L'Intendant

Chaque bande de guerre a besoin de quelqu'un qui sait où est le butin, qui doit à qui, et dans quelle tente sont les arbalètes de rechange. Voici l'Intendant, gardien des fournitures, des clés et des rancunes.

Il ne combat peut-être pas en première ligne, mais sans lui, la bande de guerre serait affamée, perdue et à court de flèches à midi. Respectez l'Intendant... ou trouvez vos rations "accidentellement égarées".

Jour 22 - L'Intendant


Jour 23 : La Récupératrice

Besoin d'une lance de remplacement, d'une armure de rechange ou d'une lanterne qui "est tombée d'un chariot" ? La Récupératrice est votre gobeline. Ingénieuse, rusée et toujours un pas en avance sur les pillards, elle peut trouver (ou "acquérir") tout ce dont la bande de guerre a besoin.

Si c'est rare, dangereux ou définitivement à quelqu'un d'autre, elle l'obtiendra. Éventuellement.

Jour 23 - La Récupératrice


Jour 24 : Le Colosse

Chaque bande de guerre a besoin d'un mur de muscles ambulant, ou dans ce cas, d'un mur chancelant. Le Colosse fait une fois et demie la taille des autres, avec la moitié du cerveau et le double de bave.

Avec un enthousiasme inébranlable pour écraser les choses, il est simple, loyal et absolument dévastateur en ligne droite. Juste... ne lui demandez pas de tourner rapidement.

Jour 24 - Le Colosse


Jour 25 : Le Capitaine

Chaque bande de guerre a besoin de quelqu'un pour crier des ordres, s'attribuer le mérite des victoires et prétendre que le chaos fait partie du plan. Avec une voix forte et un talent surprenant pour ne pas mourir en premier, le Capitaine garde la bande de guerre pointée (à peu près) dans la bonne direction.

Est-ce du leadership ou de la chance ? Difficile à dire, mais les gobelins le suivent quand même.

Jour 25 - Le Capitaine


Jour 26 : La Maîtresse des Bêtes

Certains gobelins combattent avec l'acier, d'autres avec des crocs et des griffes. La Maîtresse des Bêtes commande sa meute de raptors avec un mélange d'instinct, de courage et quelques collations bien chronométrées.

Pendant que le reste de la bande de guerre charge, elle et ses compagnons écailleux frappent depuis les flancs, rapides et précis.

Jour 26 - La Maîtresse des Bêtes


Jour 27 : Le Combattant au Fléau

Chaos pur sur deux jambes, voici le Combattant au Fléau ! Il charge au combat en brandissant des fléaux à pointes jumeaux sans se soucier de la visée, de la sécurité ou du bon sens.

Il est imprévisible, imparable et parfois une plus grande menace pour sa propre bande de guerre que pour l'ennemi, mais le moral est toujours haut quand il est là.

Jour 27 - Le Combattant au Fléau


Jour 28 : Le Lâche

Chaque bande de guerre en a un : le gobelin qui garde définitivement l'arrière. Le Lâche n'est peut-être pas courageux, mais c'est un maître des retraites tactiques, des cris dramatiques et de la recherche de positions de couverture très importantes.

Il gagne rarement des combats... mais il les survit toujours.

Jour 28 - Le Lâche


Jour 29 : Le Porteur de Richesses

Quand le pillage est terminé, quelqu'un doit transporter le butin... et le Porteur de Richesses a la (mal)chance de le faire. Toujours souriant, toujours en train de courir et définitivement sans intention de partager, c'est le gobelin le plus rapide de la bande de guerre quand il y a du trésor en jeu !

Jour 29 - Le Porteur de Richesses


Jour 30 : La Cheffe

Le cœur, la voix et le poing de fer de la bande de guerre, la Cheffe mène avec autant de fureur que de ruse. L'un des premiers gobelins que j'ai dessiné pour ce projet, elle revendique enfin sa place légitime à la tête de la horde. Forte, balafré et absolument intrépide.

Jour 30 - La Cheffe


La Collection Complète

Goblintober est terminé ! Les 30 figurines de gobelins uniques ont été créées, de l'humble Garde-Lance à la puissante Cheffe. Le Set de Bande de Guerre Goblintober complet sera disponible dans les prochains jours en PDF imprimable depuis Korrigan Press.

Restez à l'écoute pour l'annonce de la sortie ! Suivez les mises à jour sur Instagram à @lostinbrittany ou consultez Korrigan Press.

Merci d'avoir suivi ce voyage créatif d'un mois ! Que vos dés roulent haut et que vos gobelins causent un maximum de chaos !

Publié originellement sur Korrigan Press