Pourquoi j'ai créé r/SovereignIT

9 septembre 2026 par Horacio Gonzalez
Le logo de r/SovereignIT

Ça fait des années que je travaille autour de la souveraineté technologique : six ans chez OVHcloud, et depuis chez Clever Cloud, où je suis VP DevRel. Pendant l'essentiel de cette période, aborder le sujet dans une conversation technique provoquait l'une de ces deux réactions : un ennui poli, ou la certitude que j'étais en train de faire de la politique. La souveraineté, c'était un mot de ministère et de rapport sur la politique industrielle. Ça n'avait pas l'air d'avoir sa place dans une discussion sur l'endroit où l'on déploie son application.

Ça a changé, et pas parce que quelqu'un aurait gagné le débat.

Les dépendances ont cessé d'être hypothétiques

L'infrastructure cloud s'est concentrée entre les mains d'une poignée d'acteurs. Le droit extraterritorial américain atteint des données hébergées sur le sol européen, et le raisonnement juridique sur la portée exacte de cette atteinte n'arrête pas de bouger. L'accès aux modèles d'IA et à la puissance de calcul qui les entraîne est contrôlé par un petit nombre d'entreprises, dans un petit nombre de pays. Les chaînes d'approvisionnement en semi-conducteurs passent par des goulets d'étranglement qui étaient invisibles jusqu'au jour où ils ont cessé de l'être. Des entreprises technologiques européennes continuent d'être rachetées par des groupes étrangers, en général avec un communiqué sur la continuité et l'investissement.

Rien de tout cela n'est nouveau. Ce qui a changé, c'est que les conséquences sont devenues lisibles. Ce ne sont plus des questions théoriques sur qui possède quoi. Elles déterminent qui contrôle nos données, nos infrastructures et les technologies dont nous ne savons plus nous passer, et surtout quelles marges de manœuvre il restera à l'Europe pendant une crise politique, économique ou technologique. Une dépendance qu'on n'a jamais examinée est un choix qu'on a déjà fait, sans s'en rendre compte.

La conversation existe, le lieu n'existe pas

Voilà ce qui me frustre. Une actualité tombe : un rachat, une décision de justice, un choix de marché public, la sortie d'un modèle à l'accès restreint, une nouvelle réglementation qui fera ou ne fera pas ce qu'elle prétend. Ça produit une bonne conversation pendant environ un jour et demi, répartie entre trois réseaux sociaux, deux newsletters et un couloir de conférence. Et puis ça disparaît.

L'actualité suivante arrive et repart de zéro, comme si la précédente n'avait jamais existé. Personne ne les relie, parce qu'il n'y a nulle part où les relier. Prises isolément, ces informations ne sont pas si intéressantes. C'est le motif qu'elles dessinent ensemble qui compte, et c'est précisément lui qu'on perd.

Alors hier j'ai créé un subreddit : r/SovereignIT.

Il est en anglais, délibérément. Je travaille en France, et une bonne partie de mes conversations quotidiennes sur ces sujets se passe en français, mais la souveraineté technologique n'est pas une préoccupation française. Elle est européenne, et au-delà internationale. Je veux dans le même fil de discussion des gens de pays différents et d'écosystèmes technologiques différents, y compris des gens dont la situation nationale ne ressemble en rien à la nôtre.

Ce qu'on y trouve

En gros : les fournisseurs de cloud européens et l'infrastructure numérique. Les dépendances technologiques et l'autonomie stratégique. L'open source, les standards ouverts, l'interopérabilité et la réversibilité. Les entreprises technologiques européennes, leur financement et leurs repreneurs. Le rôle des hyperscalers américains en Europe. La souveraineté des données et les législations extraterritoriales. La souveraineté de l'IA : modèles, calcul, infrastructure. Les semi-conducteurs, le matériel et les chaînes d'approvisionnement. La commande publique, la réglementation et la politique industrielle. Et la critique de l'agenda souverainiste lui-même, sur laquelle je reviens plus bas.

Ce que je ne cherche pas à faire, c'est collecter tout ce qui contient le mot « souveraineté ». L'essentiel de ce qui porte cette étiquette est du bruit. Le filtre, c'est de savoir si un lien révèle une vraie dépendance, un vrai choix stratégique ou un vrai arbitrage, et s'il mérite le temps de quelqu'un qui connaît déjà les bases.

Ce n'est pas une communauté Clever Cloud

C'est une initiative personnelle. r/SovereignIT n'est en rien un espace officiel de Clever Cloud.

Mon travail façonne évidemment ma façon de voir ces questions. Je passe mes journées autour de l'infrastructure cloud européenne et des gens qui la choisissent ou la refusent, et c'est un poste d'observation utile. Il arrivera que des actualités Clever Cloud y aient leur place. Mais le subreddit doit rester bien plus large qu'une entreprise, et il ne doit jamais devenir un canal promotionnel. S'il finit par être un endroit où la réponse à toutes les questions de souveraineté se trouve être mon employeur, il aura échoué, et il l'aura mérité.

La souveraineté n'est pas l'autarcie

Le subreddit n'a pas vocation à applaudir quelque chose au seul motif que c'est européen, ou qu'une équipe marketing a décidé de l'appeler souverain.

La souveraineté technologique est bien plus compliquée que le remplacement de chaque produit américain par un équivalent européen. Le vrai travail consiste à déterminer quelles dépendances comptent réellement, où l'Europe a besoin d'une capacité autonome, où les standards ouverts et la possibilité de partir suffisent, où les partenariats internationaux sont nécessaires et sains, et où l'on peut construire assez de rapport de force pour garder nos options ouvertes. La souveraineté, telle que je la comprends, ce n'est pas l'autosuffisance. C'est comprendre ses dépendances, les choisir délibérément, et rester capable de changer d'avis.

C'est pour ça que les contre-arguments n'y sont pas une nuisance tolérée : ils font partie de la matière. La critique du protectionnisme. Les réglementations mal conçues, et il y en a. Les alternatives « souveraines » simplement moins bonnes, qu'on nous demande d'adopter par devoir. Les fantasmes de reconstruction de piles technologiques entières en partant du sable. La souveraineté utilisée comme étiquette vide pour gagner un appel d'offres. Tout ça y a sa place.

Ce que j'aimerais que ça devienne

Un endroit où trouver les actualités et les analyses qui valent vraiment la lecture. Une archive partagée où un événement isolé peut être relié à la tendance de fond à laquelle il appartient. Un lieu où praticiens, chercheurs, décideurs publics et citoyens intéressés discutent dans le même fil. Un espace où les affirmations sur la souveraineté sont interrogées plutôt que répétées.

Je ne vais pas fabriquer de l'activité. Je préfère publier quatre choses par semaine avec assez de contexte pour lancer une vraie conversation que quarante liens que personne n'ouvre.

Si tout ça vous intéresse, venez nous rejoindre. Postez ce que vous lisez. Répondez à quelqu'un. Et si vous pensez que tout l'agenda de la souveraineté technologique est mal orienté, protectionniste ou naïf, c'est un argument que j'ai envie de voir là-bas, correctement défendu.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Du bonnet à œuf au chapeau de paille : Monkey D. Luffy au crochet

24 août 2026 par Horacio Gonzalez

Où une blague sur le petit-déjeuner finit en pirate

Un œuf coiffé d'un petit bonnet orange au crochet, posé dans le bac à œufs du frigo, avec un visage dessiné dessus

Chacun de mes projets commence à des kilomètres de là où il finit. Celui-ci a commencé dans le frigo.

J'ai fait un minuscule bonnet orange. Pour un œuf. Il n'y avait aucun plan derrière, juste l'envie de voir si j'arrivais à crocheter quelque chose d'aussi petit. Une fois le bonnet terminé, la suite coulait de source : le poser sur un œuf, lui dessiner une tête et le laisser dans le bac à œufs pour que quelqu'un tombe dessus.

Ma femme a ri, et c'était une erreur

Parce qu'il ne m'en faut pas plus.

Un œuf coiffé d'un chapeau de paille jaune au crochet avec un ruban rouge, façon One Piece

Si un œuf a droit à un chapeau, le reste de la boîte est victime d'une injustice. J'en ai donc commencé un deuxième, et quelque part entre la boucle magique et le premier tour d'augmentations, la laine jaune que j'avais en main a cessé d'être simplement de la laine jaune. Calotte jaune, ruban rouge, bord large. Il n'existe qu'un seul chapeau qui ressemble à ça, et n'importe quel fan de One Piece le reconnaît à dix mètres.

Le chapeau de paille pour œuf est mieux sorti que le bonnet. Le plus intéressant, c'était le bord : il doit s'évaser bien à plat sans gondoler, ce qui demande beaucoup d'augmentations réparties aux bons endroits, et une certaine tolérance au détricotage quand le résultat ressemble plutôt à un saladier.

Nube l'essaie

Notre chatte, Nube, n'a jamais donné son consentement à quoi que ce soit, mais elle reste immobile quand elle est bien, et ça revient à peu près au même.

Nube, une chatte blanche, allongée sur le tapis avec le petit chapeau de paille jaune au crochet sur la tête

Elle l'a porté quatre secondes. C'était largement suffisant. Devant une chatte blanche profondément blasée coiffée d'un chapeau de paille, l'étape suivante a cessé d'être une idée pour devenir une simple chose que je n'avais pas encore faite : si le chapeau est aussi reconnaissable à cette taille, il fallait bien que le reste de Luffy existe en dessous.

Mon fils aîné adore One Piece. Le projet avait choisi son destinataire avant même que je prenne le crochet.

Pas de patron, juste beaucoup d'observation

Travail en cours : un corps d'amigurumi nu en laine chair avec un short bleu, tenu à côté du chapeau de paille terminé

Je n'ai suivi aucun patron. J'ai en revanche passé un nombre gênant de soirées à regarder ceux des autres.

Il existe des dizaines d'amigurumis de Luffy, beaucoup sont magnifiques, mais aucun n'était celui que j'avais en tête. Certains trop chibi, d'autres trop réalistes, et la plupart nettement plus grands que le chapeau que j'avais déjà fabriqué. C'était ça, la vraie contrainte : le chapeau existait en premier, donc tout le reste devait être construit pour aller avec un chapeau que je n'avais pas l'intention de refaire.

Le « patron » a donc surtout été une lente accumulation d'idées piquées à droite et à gauche. La façon dont telle personne gère les cheveux. La façon dont telle autre fixe les bras. À quoi ressemble un visage quand les yeux sont aussi gros par rapport à la tête. Ensuite, beaucoup de comptage, beaucoup de détricotage, et un corps dimensionné en le tenant contre le chapeau tous les trois tours.

Le monter pièce par pièce

Il s'est assemblé par étapes, et chaque étape avait l'air ratée jusqu'à ce que la suivante la rattrape.

Travail en cours : l'amigurumi avec ses cheveux en laine noire, ses yeux de sécurité et ses bras fixés, coiffé du chapeau mais sans gilet

Le corps nu est l'objet le moins prometteur que j'aie jamais crocheté : un truc chauve et vide avec des yeux immenses, plus poupée hantée que capitaine pirate. Puis les cheveux sont arrivés, mèche par mèche en laine noire, et tout a basculé en une vingtaine de minutes. Les cheveux font ici un travail absolument disproportionné.

Le gilet rouge est venu ensuite, crocheté à part et ouvert devant pour laisser voir le torse et la cicatrice. À ce stade il était reconnaissable mais bizarrement fade, et j'ai failli m'arrêter là.

Travail en cours : l'amigurumi avec son gilet rouge et son chapeau de paille, avant l'ajout de la ceinture jaune

Heureusement que non. Ce sont les derniers détails qui ont tout fait basculer : la ceinture jaune nouée à la taille, et les sandales, avec leurs lanières brodées au fil foncé. Minuscules, pénibles, cinq minutes de travail chacune, et ce sont pourtant elles qui font la différence entre « une poupée au crochet avec un chapeau de paille » et « Luffy ».

Il vit dans la chambre de mon fils

L'amigurumi de Monkey D. Luffy terminé, tenu dans une main, avec son chapeau de paille, son gilet rouge, sa ceinture jaune et son short bleu

Mon fils l'a adoré. C'est toute la récompense, et elle vaut chaque tour détricoté : il l'a pris, retourné dans tous les sens, trouvé la cicatrice sous l'œil et les lanières des sandales, puis l'a posé bien en vue. Luffy est dans sa chambre maintenant, sur une étagère, ce qui est la plus haute distinction disponible dans cette maison.

L'amigurumi de Monkey D. Luffy terminé, debout sur un support noir, les bras écartés

Vingt centimètres de pirate, descendant en ligne directe d'une blague sur un œuf.

Et vous, est-ce qu'un de vos petits projets idiots a déjà dégénéré en quelque chose qui compte vraiment ? Racontez-moi où le vôtre a atterri.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany

Gnomesummer : cinq gnomes, deux oies et pas un seul soldat

10 août 2026 par Horacio Gonzalez

Un village sans guerriers, et ce qu'il a attrapé à la place

La bande Gnomesummer au complet : cinq gnomes et deux oies

En octobre dernier, j'ai rempli ma table de 31 faces vertes hargneuses pour Goblintober. Cet été, j'ai pris la direction opposée : moins de figurines, des visages plus doux, et un projet qui s'est révélé bien plus personnel que prévu.

Gnomesummer est fini. Cinq gnomes et deux oies, créés pour la Paper Miniature Jam 4, et le set complet est maintenant en ligne sur itch.io, gratuit ou à prix libre.

Pas ces gnomes-là

Quand on dit « gnome » autour d'une table de jeu, tout le monde imagine le bricoleur : lunettes de soudeur, clés à molette, cheveux bleus, une machine sur le point d'exploser. Ce n'est pas le gnome de mon enfance.

Les miens, ce sont les gnomes de David le Gnome, ceux des livres et du dessin animé. Bonnet pointu, bottes, petites lunettes rondes. Des habitants de la forêt qui vivent quatre cents ans, remettent en place l'aile de chaque oiseau qu'ils trouvent, et sont pacifistes jusqu'à l'os.

C'est de là que vient tout le projet, en fait. David était médecin. Ce détail m'est resté en tête pendant une quarantaine d'années, et quand je me suis assis pour esquisser une bande, c'est la première chose qui est sortie du crayon.

Je n'ai changé qu'une seule chose, et uniquement parce que les tables de jeu sont impitoyables. Dans les livres, un gnome mesure quinze centimètres, assez petit pour s'abriter sous un champignon. C'est charmant sur la page et catastrophique à côté de vos autres figurines. Les miens font donc à peu près un mètre, bonnet compris : plus petits qu'un gobelin de la tête aux pieds, et plus grands dès qu'on compte le bonnet.

Quand la forêt est découverte

Voici la prémisse autour de laquelle j'ai construit la bande.

Pendant des siècles, la forêt des gnomes n'était tout simplement sur aucune carte. Trop profonde, trop enchevêtrée, trop facile à contourner, et ça convenait très bien aux gnomes. Puis, une saison, ça a cessé d'être vrai. Les orcs sont venus pour le bois. Les gobelins sont venus parce que les gobelins viennent toujours. Les elfes sont arrivés pour « protéger » la forêt, ce qui revenait à décider qui avait le droit d'y vivre. Et les loups, vieux voisins et vieux accords, ont trouvé de nouveaux maîtres qui les nourrissaient mieux que les bois ne l'avaient jamais fait.

Les gnomes n'avaient pas de guerriers. Ils n'avaient même pas de mot pour guerrier. Ce qu'ils avaient, c'était quatre cents ans de patience et ce qu'ils tenaient déjà entre les mains.

D'où la consigne que je me suis donnée pour le dessin : chaque figurine doit avoir l'air de quelqu'un qui préférerait être ailleurs, à faire quelque chose de plus gentil. Des pacifistes à court d'options sont bien plus intéressants à dessiner qu'une énième escouade de soldats professionnels.

La bande

La Garde-Lance

La Garde-Lance

Une lance qui est surtout un bâton de marche. Un bouclier qui était autrefois un plateau de table. Elle tient la ligne, et ça ne l'enchante pas du tout. Les lunettes sont volontaires : ce n'est pas une soldate, c'est la mère de quelqu'un avec un bâton pointu.

Le Guérisseur

Le Guérisseur

Le médecin du village, et la raison d'être de tout ce projet. Quatre cents ans à remettre en place des ailes d'oiseaux et des pattes de blaireaux. C'est le seul de la bande à ne rien porter qui puisse blesser qui que ce soit. Il a réparé un millier d'os brisés, et pas un seul ne l'avait été exprès.

Le Bûcheron

Le Bûcheron

Tous les autres improvisent une arme à partir d'un outil. Son outil, lui, était déjà une arme. Deux cents ans à fendre le chêne, et une hache se moque bien de ce qu'on lui donne à fendre. Il ne voulait pas être doué pour ça, et il l'est. Plus personne au village ne le regarde en face, et il l'a remarqué.

La Fronde à Glands

La Fronde à Glands

Une fronde de berger et une bourse de glands, la même qu'elle utilise depuis quatre-vingts ans pour éloigner les corbeaux des jeunes pousses. Rien là-dedans n'a jamais été une arme. Elle ne rate jamais.

La Gardienne des Oies

La Gardienne des Oies

La matriarche du village, les clés du cellier à la ceinture et quatre cents ans d'autorité derrière elle. Quand les envahisseurs sont arrivés, elle n'est pas allée chercher une arme. Elle avait un rouleau à pâtisserie, et elle avait les oies : territoriales, furieuses, presque aussi grandes qu'elle. Elle les a simplement lâchées vers la lisière.

Si la Garde-Lance est la mère de quelqu'un avec un bâton pointu, elle, c'est la grand-mère de quelqu'un avec un rouleau à pâtisserie et deux oies très en colère. C'est peut-être la plus dangereuse du set.

Pourquoi rien ne s'accorde

Regardez-les tous les cinq ensemble : les couleurs jurent. C'est voulu, et c'est la décision de design dont je suis le plus content.

Une bande en uniforme suppose un intendant qui distribue l'équipement. Ces gnomes ont attrapé ce qu'ils possédaient déjà et ont franchi la porte. Ce sont des civils, pas une troupe, et je voulais que ça se voie jusque dans leurs vêtements. Le seul fil que j'ai gardé constant, c'est la silhouette, bonnet pointu et carrure ronde, pour qu'ils se lisent comme une même bande quel que soit l'écart des palettes.

Les oies ont leur propre socle sur la planche d'impression, vous pouvez donc les réutiliser librement : alignez toute une volée, ou glissez-les dans n'importe quelle partie comme des animaux de ferme d'humeur exécrable.

À imprimer et à jouer

Le set complet est en ligne, gratuit ou à prix libre :

Gnomesummer – La bande de gnomes au complet sur itch.io

Chaque figurine s'imprime recto verso sur une bande de 55 mm, environ 30 mm jusqu'à la pointe du bonnet, de quoi tenir debout à côté de figurines au 28 mm. Imprimez autant d'exemplaires de chacune que votre table le demande, découpez, pliez, soclez, jouez. Et comme une certaine bande verte est passée par ici l'automne dernier, elles s'opposent directement aux gobelins de Goblintober, une bataille désormais canonique chez moi.

Cinq figurines, c'est un rythme très différent de 31. Goblintober était un sprint quotidien où la contrainte réfléchissait à ma place ; Gnomesummer m'a laissé rester des jours avec chaque personnage et lui donner une vraie vie intérieure. Je ne sais pas lequel des deux j'ai préféré, mais je sais lequel m'a fait repenser le plus souvent aux livres de mon enfance.

Merci à toutes celles et ceux qui ont suivi l'aventure tout l'été, sur le blog, sur Instagram et sur les forums, et qui ont donné leur avis en chemin. Un village qui n'avait pas de soldats, pas de guerriers, pas même un mot pour ça, a défendu ses bois avec des bâtons de marche, des ustensiles de cuisine et des volailles, et le voilà maintenant sur votre table à vous aussi.

Attention aux champignons.

À bientôt,

Horacio Gonzalez - LostInBrittany


Gnomesummer est publié par Korrigan Press. Le making-of complet se trouve dans le billet d'introduction et le billet de sortie. Les avancées au jour le jour sont sur Instagram @lostinbrittany.

Le blog est de retour (11 ans après)

20 mars 2026 par Horacio Gonzalez
LostInBrittany

Onze ans. Onze ans que ce blog est resté silencieux. Le dernier billet datait de janvier 2015, quand je dessinais des réactions aux attentats de Charlie Hebdo. Et puis... plus rien.

Le blog n'est pas mort pendant ces onze ans, attention. Il a continué à exister, fidèle à son poste, tournant sur son serveur WordPress. Il recevait ses mises à jour de sécurité, ses patches de plugins, ses montées de version. Tout ça pour un blog que plus personne ne lisait, même pas moi. C'est un peu absurde quand on y pense : maintenir un WordPress à jour, c'est comme tondre la pelouse d'une maison abandonnée.

L'âge d'or de la blogosphère

Ce blog a été créé en 2006, d'abord sur Dotclear, puis migré vers WordPress. C'était l'âge d'or de la blogosphère française, quand les blogs étaient des lieux de conversation et de communauté. On avait des blogrolls (vous vous souvenez des blogrolls ?), on se citait les uns les autres, on commentait chez les copains. C'était une époque où le web était encore un endroit à taille humaine.

1156 billets. Oui, mille cent cinquante-six. Des billets sur le développement web, sur les jeux de rôles, sur mes dessins, sur la Bretagne, sur la vie d'expatrié espagnol, sur à peu près tout ce qui me passait par la tête entre 2006 et 2015. Et 2447 commentaires, qui sont une partie tout aussi importante de l'histoire de ce blog.

Pourquoi migrer ?

La question n'était pas vraiment pourquoi migrer, mais plutôt pourquoi ne pas simplement éteindre. Et la réponse est simple : vingt ans de souvenirs, ça ne s'efface pas comme ça. Ce blog contient des dessins que je ne retrouverai nulle part ailleurs, des conversations avec des gens que je ne vois plus, des traces d'une époque révolue du web.

Mais maintenir un WordPress pour un blog-archive, c'est un non-sens. Une base de données MySQL, un serveur PHP, des mises à jour de sécurité permanentes, des plugins qui cassent à chaque montée de version... Tout ça pour servir du contenu statique qui ne change plus jamais.

La solution : Eleventy. J'utilise déjà Eleventy pour mes autres sites (lostinbrittany.com et lostinbrittany.dev). C'est un générateur de sites statiques : du Markdown qui se transforme en HTML. Pas de base de données, pas de serveur applicatif, pas de failles de sécurité WordPress. Juste des fichiers statiques déployés en quelques secondes.

1156 billets, c'est beaucoup

Le problème, c'est que migrer 1156 billets à la main, c'est tout simplement impossible. Le contenu est un joyeux mélange de HTML brut, de shortcodes WordPress, d'images dans tous les formats, de vidéos embarquées, de scripts JavaScript inline (oui, j'avais fait une animation de sprite en JavaScript en 2007, et elle marche encore). Et je voulais garder les commentaires, parce qu'ils font partie de l'histoire.

C'est là que Claude Code entre en jeu.

La migration avec Claude

J'ai fourni à Claude l'export XML WordPress, les templates du projet Eleventy, les composants WebC, et je lui ai demandé de construire le script de migration. En quelques heures de travail collaboratif, itération après itération, on a construit ensemble :

  • Un script de migration (wp-to-11ty.js) qui parse l'export XML WordPress, convertit le HTML en Markdown avec Turndown, génère le front matter Eleventy, et préserve les blocs HTML avec attributs (les div avec des classes CSS, les style et script inline)
  • Un script de migration des commentaires (wp-comments.js) qui extrait les 2447 commentaires et les stocke en JSON, avec les gravatars
  • La réécriture des URLs : les chemins /dotclear/images/, les URLs absolues lostinbrittany.org, les images hébergées sur d'autres domaines — tout a été réécrit pour pointer vers des copies locales
  • La pagination de la page d'accueil, les pages de tags, les archives par année/mois, le blogroll avec les sprites des BD brestoises, le flux RSS
  • L'adaptation des couleurs et polices du thème WordPress original : le brun doré #7f4c00, le fond #dab873, la police Trebuchet MS
  • Le nettoyage des scripts externes morts (widgets Ubuntu, gadgets Google) tout en préservant les scripts inline fonctionnels

Le résultat, c'est ce que vous êtes en train de lire.

Ce que ça dit sur notre époque

Il y a un an, cette migration aurait été dans ma liste des "trucs que je ferai quand j'aurai le temps", c'est à dire jamais. Pas parce que c'est techniquement impossible, mais parce que le rapport effort/bénéfice ne justifiait pas les dizaines d'heures nécessaires.

Les assistants IA ne remplacent pas le développeur. Ils changent le calcul coût/bénéfice. Des projets qu'on repoussait indéfiniment deviennent soudain réalisables en une journée. Du code legacy qu'on n'osait pas toucher devient migrables. Des archives qu'on aurait laissé mourir sont sauvées.

Ce blog est maintenant un site statique. Plus de WordPress, plus de MySQL, plus de PHP, plus de mises à jour de sécurité. Juste 1156 billets en Markdown, 2447 commentaires en JSON, et vingt ans de souvenirs préservés dans un format qui durera.

Bienvenue de retour sur LostInBrittany.

Patriot Act à la française

12 janvier 2015 par Horacio Gonzalez
Patriot Act à la française

Lendemain

12 janvier 2015 par Horacio Gonzalez

Et le lendemain d'une journée ou presque 4 millions de personnes ont défilé pour exprimer leur attachement à la liberté d'expression et au vivre ensembles, les politiciens de tout bord sont déjà en train de proposer de renoncer à une partie de nos libertés pour essayer d'avoir une impression de sécurité... Si c'était pas si triste ça serait risible, Charlie Hebdo servant d'alibi à une Patriot Act à la française...

Nous sommes tous Charlie

"Those who would give up essential Liberty, to purchase a little temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety"

Benjamin Franklin

Je suis Charlie

8 janvier 2015 par Horacio Gonzalez
Je suis Charlie

Bootcamp Android à l'ISEN

9 avril 2014 par Horacio Gonzalez
LiB Geek

Le samedi 5 avril, le FinistJUG et le GDG Finistère, avec l'aide du Club Elec de l'< href="http://www.isen.fr/brest-rennes/">ISEN Brest ont organisé un nouveau Bootcamp d'Initiation à Android. Aux commandes, Stéphane Castrec et moi même, comme les fois précédentes.

Le pitch était aussi semblable aux fois précédentes :

Ca fait des mois que vous voulez vous mettre au développement Android. Vous avez regardé la doc, vous avez même téléchargé le SDK, vous avez peut-être même fait un HelloWorld, vous vous êtes dit que ça a l’air facile… mais vous n’êtes jamais allé jusqu’à développer une application avec. Manque de temps, plein d’autres choses à faire, manque de motivation pour démarrer. Car il faut reconnaître que se mettre au développement sur une nouvelle plate-forme tout seul dans son coin n’est pas évident, surtout quand la vraie vie s’en mêle.

Alors pourquoi pas vous réserver une journée pour franchir le cap et vous mettre pour de vrai au développement sur Android ?

Ce Bootcamp Android est l’opportunité pour le faire. Vous arrivez le matin équipés d’un ordinateur portable, avec Eclipse/Android Studio et une JVM pré-installés et vous partirez en fin d’après-midi en ayant développé une petite application Android et plus important encore, en ayant intégré les principes basiques du développement sur cette plate-forme.

Le Bootcamp Android est une introduction accélérée et pratique au développement Android. Vous allez apprendre, vous allez mettre les mains dans le cambouis, vous allez coder, vous allez enfin cocher la case Apprendre à coder sur Android dans votre ToDo-list.

Voici quelques photos de l'événement :

Bootcamp Android à l'ISEN samedi dernier
Bootcamp Android à l'ISEN samedi dernier
Bootcamp Android à l'ISEN samedi dernier
Bootcamp Android à l'ISEN samedi dernier

Voici les slides qui ont servi ce cadre pour la journée, les mêmes que la dernière fois (j'ai même oublié de changer la date...) :

Et les détails des exercices :

Le code source des exemple se trouve sur mon GitHub dans les dépôts AndroidBootcamp-HelloWorld et AndroidBootcampChat.

Tous à poil pour le 14 février

14 février 2014 par Horacio Gonzalez

Ca fait plusieurs jours que la polémique autour de la théorie de genre et les livres pour enfants qui soit disant en font la promotion m'agace énormément. Voir Jean-François Copé soutenir des discours qui me semblent sortis directement des années de Franco donne la chair de poule à l'espagnol que je suis, surtout lorsque je vois comme de l'autre côté des Pyrénées la droite espagnole est aussi proie de ces discours et mentalités rétrogrades.

C'est pour ça que lorsque j'ai lu le billet de Martin Vidberg Tous à poil pour le 14 février, j'ai eu envie d'apporter mon petit grain de sable à son initiative. Voici donc mon LostInBrittany à poil pour ce 14 février :

Tous à poil pour le 14 février

J'espère que Jean-François est content de tous les cadeaux que des dessinateurs amateurs et professionnelles l'avons fait pour la Saint Valentin...

Mes miniatures avancent

5 février 2014 par Horacio Gonzalez

La semaine dernière j'ai passé une commande chez Sculpteo, et si tout se passe bien je devrais la recevoir demain. L'idée est de voir si le résultat me convient et si c'est le cas, organiser la semaine prochaine une autre commande groupé avec deux ou trois potes intéressés.

Pour réduire le coût, j'ai groupé ce que je voulais commander en deux objets : un pack de quatre Quatrième Docteurs et un pack de douze Cybermen. Et lorsque je dit groupé j'aurais dû dit pacagé, car plus que Cybermen ils ressemblent à des sardines en boîte :

J'ai aussi réussi à finir ma TARDIS, après plusieurs jours où j'avais du mal à avancer. Comme pour tout objet en version narizon, l'un des challenges était de déformer assez ses proportions pour que son look ait bien avec les narizones mais pas trop pour qu'elle reste reconnaissable Avant de démarrer j'ai cherché de l'inspiration en regardant la FANDIS d'Airus, que je trouve excellente.

Comme la TARDIS toute seule est un peu ennuyante, je ne vais pas vous montrer un render tout simple, j'ai décidé de faire une petite mise en scène. J'ai très envie de tester mes figurines avec le jeu de figurines, alors j'ai fait un render d'un petit diorama d'une scène qu'on pourrait trouver dans le jeu : le pauvre Quatrième Docteur qui sort de la TARDIS et qui se tope nez à nez avec trois Cybermen a l'air pas trop sympatique.

Why did I get out?

Voici vous avez un autre render en monochrome que je trouve assez agréable :

Why did I get out?

Lorsque j'aurai reçu ma commande je ne manquerai pas de vous montrer quelques photos.