Tag: Politique

Générique des Simpsons revisité par Banksy

11 octobre 2010 par Horacio Gonzalez
LiB simpsonisé

L'épisode des Simpsons émis hier aux États Unis avait un générique très particulier , conçu et dirigé par l'artiste britannique Banksy.

Comme on pouvait s'attendre d'un artiste aussi engagé et controversé (avec des attitudes des fois limite anti-système) que Banksy, son générique des Simpsons est tout sauf innocent, surtout lorsqu'on sait que la plupart du travail pour l'animation de chaque épisode est faite par des petites mains anonymes en Corée...

Ce n'est pas la première fois que dans les Simpsons on fait référence plus ou moins critique aux conditions de travail de ces artistes chargés de l'animation de la série, mais c'est peut-être la première où ça va si loin dans cette satire.

Quelques heures avant de voir la vidéo via Boing Boing je l'avais découvert grâce à un mail de mon frère. ¡Gracias hermanito!

Je me suis trompé de métier

16 décembre 2009 par Horacio Gonzalez
j'aurais dû faire conducteur de RER (suivez le lien pour explication)

Hadopi et le billet qui ne fût pas

12 mars 2009 par Horacio Gonzalez

Black-Out

27 février 2009 par Horacio Gonzalez

Comme vous avez peut-être déjà vu, la Quadrature du Net lance une nouvelle campagne de sensibilisation sur le danger qui représente HADOPI.

L'opération s'inspire du black out Néo-Zélandais, pour protester contre cette loi injuste et absurde, qui autorise à déconnecter d'internet les gens de façon arbitraire, sans preuves valables ni procès.

HADOPI - Le Net en France : black-out

LostInBrittany change donc ces couleurs pour se joindre au black out, et je profite de cette occasion pour vous demander de relayer l'opération. Rendez-vous sur la Quadrature du net pour avoir les dernières informations sur ce black out.

Il faut soutenir cette initiative de la Quadrature du net car, comme Korben l'a bien exprimé, c'est maintenant ou jamais. Une fois la loi passé, on ne pourra qu'a subir les erreurs de procédure, les coupures intempestives, la présomption de culpabilité et es abus relatifs au respect de la vie privée.

23-F et le temps qui passe

23 février 2009 par Horacio Gonzalez
Le putschiste Tejero

Aujourd'hui ça fait 27 ans du coup d'état du 23-F en Espagne.

Il y a des événements importants, desquels tous le monde se souvient. Mais pour moi, les vrais moments historiques sont ceux qui marquent à feu dans la mémoire des gens ce qu'ils faisaient et où ils étaient lorsque l'événement s'est produit.

Pour la génération de mes parents, l'un de ces événements était l'arrivée de l'homme à la Lune. On peut demander à n'importe qui de cette génération, il racontera avec toute sorte de détails ses activités ce soir là. Un autre serait l'assassinat de J.F. Kennedy, tous les gens nés avant les années 60s se souviennent de ce jour comme si c’était hier

Le 11-S est un exemple semblable pour les générations trop jeune pour avoir vécu l’arrivée de l’homme à la Lune ou la mort de Kennedy, tout le monde saurait répondre à la désormais typique question d'où étais-tu le 11 septembre?.

Le 23-F est l'un de ces événements marquants, au moins pour les espagnols. A l'époque j'avais même pas cinq ans, et ce 23-F est peut-être la mémoire la plus ancienne dont je me souviens clairement. En fermant les yeux je vois encore ce 23 février 1981, je vois notre vielle télé noire et blanc et les images qu'elle montrait cette soirée là.

Des images du Tejero dans le Congrès des Députés pistolet au poing, du général Gutiérrez Mellado se faisant malmener par des Guardias Civiles lorsqu'il se lève pour ordonner aux putschistes de déposer les armes, des chars de Milans del Bosch dans les rues de Valencia et surtout les images et la voix rassurante du roi Juan Carlos, habillé en uniforme de capitaine général des armées, s'opposant au coup d'état et defendant la Constitution et la démocratie.

Pour être honnête, je ne peux pas dire combien de ces images je les ai vu cet soir-là ou combien lors d'une des innombrables rediffusions des jours suivants. Mais ce 23-F et les jours qui l'ont suivi restent mon plus ancien souvenir.

Vingt-huit ans se sont déjà écoulés, et pour toute une génération ce 23-F n'est qu'une date dans l'histoire, il ne pourraient pas répondre à la question de où étais-tu le 23-F?. Cela ne me rajeunit pas...

Les dangers d'internet

15 janvier 2009 par Horacio Gonzalez
Paranoïa

Désinformation et paranoïa

Vous avez sûrement vu la campagne publicitaire lancé le mois dernier par le Secrétariat d’Etat à la Famille. Cette campagne, financée avec l'argent de l'Etat (dont l'argent à nous tous) a été diffuse sur les principales chaines TV, et elle prétend alerter la population sur les dangers potentiels d’Internet.

Et quoi dire encore du très bien informé Frédéric Lefebvre, qui déclamait les dangers du net à l'Assemblée Nationale il n'y a pas si longtemps :

L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. […] La mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid.

Car, bien sûr, internet regorge de néo-nazis, pornographes, jeux violents et surtout pédophiles. Si j'étais un parent qui ne se connaît pas en ordinateurs, et je faisais confiance à ce spot, je laisserais jamais ma fille s'approcher d'un ordinateur, c'est bien trop dangereux !

A les écouter, il vaudrait mieux débrancher sa box et caser la prise à coup de marteau, seulement ainsi on serait sûrs de qu'aucun pédophile va sortir de la prise pour montrer des lapins aux enfants...

Rapport de l'Université de Harvard

Cependant, cette propagande officielle ne tient pas la route, surtout lorsqu'on a des entités indépendantes et fiables qui fournissent des informations contraires. Le Berkman Center for Internet and Society de l'Université de Harvard vient de publier un rapport sur les dangers d'internet pour les enfants, Enhancing child safety and online technologies.

Ce rapport, disponible en téléchargement gratuit, vient à confirmer ce que la plupart d'entre nous savait déjà : l'alarme sur la pretendue insécurité des enfants sur internet et l'image du net comme une repère de prédateurs sexuels n'est plus qu'une histoire à dormir debout.

La population du net est semblable à la population en général. Il y a une bonne partie des gens normaux, et le petit lot de gens qui ne le sont pas. Sur le net il y a des pédophiles, comme il y en a dans le monde réel, et dans la même proportion.

Ca veut dire qu'il ne faut pas prendre de précautions ? Non, ça veut dire qu'il faut prendre les mêmes précautions qu'on prend dans la vraie vie, qu'il faut apprendre aux enfants à ne pas parler avec des inconnus, ni accepter leurs cadeaux, ni partir avec eux, autant dans le monde physique que dans le net. Mais ça veut surtout dire qu'il ne faut pas sombrer dans la paranoïa. Éduquer ? oui ! Informer ? Bien sûr ! Faire peur et crier à l'alarme social ? Non merci !

Maintenant si seulement quelqu'un pouvait expliquer tout ça à cette chère Nadine Morano ou à l'estimable M. Lefebvre...

Le complot

14 juin 2008 par Horacio Gonzalez

N'étant pas un vrai fan de foot, je n'ai appris que ce matin la défaite de la France 4 à 1 face aux Pays Bas hier soir. Et je ne l'ai appris dans les journaux, je l'ai appris grâce à l'un de mes blogs favoris, l'Actu en Patates.

En en lisant son billet, je me suis rappelé d'un de ses billets de la semaine dernière, qui m'a fait bien rire : Putain de conjoncture.

En me disant qu'un tel billet méritait bien une suite, je me suis permis de prendre mon Inkscape et la dessiner moi même, en empruntant le style de Martin Vidberg. Voici donc Le complot :

Le complot

Je crois que vais l'envoyer à Martin comme fan art...

Grève des écoles, encore une fois

15 mai 2008 par Horacio Gonzalez

Si vous suivez mon blog, vous savez que, en tant que papa seul, l'école et son organisation est un sujet qui me tient à cœur, et sur lequel j'ai tendance à avoir des opinions assez tranchées.

Aujourd'hui je suis à la maison, en RTT forcé par cause de grève dans l'école de ma fille. Mais, à différence d'autres fois, aujourd'hui je ne me sens otage des grévistes, mais plutôt solidaire avec eux.

LiB et l'école

Quelle est la différence cette fois ? Il y en a plusieurs :

La première, c'est la forme, cette fois dans le cahier de liaison de ma fille il y avait une feuille A4 qui expliquait pourquoi les enseignants allaient faire grève aujourd'hui, et en plus pas façon tracte syndicale, mais avec des faits concrets. Cela change des fois précédentes, où une petite feuille A5 signalait que l'école serait fermé par cause de grève. Comme quoi, les formes sont importantes...

La deuxième, c'est le fond. Ou plus concrètement, le coup de ciseaux qui l'administration à décrété au nom du rigueur budgétaire, dont la mesure phare est cette réduction de 11 000 postes récemment annoncée. Je comprend toute à fait que les circonstances démographiques puissent conseiller à court terme de dégraisser le mammouth (quoi que c'est discutable1) mais en pratique ça se fait un peu n'importe comment.

Je vais me faire accuser encore une fois de faire un généralité à partir de mon expérience particulière, mais cela est un des bons côtés d'un blog, pouvoir donner son avis personnel selon son expérience particulière. L'école de ma fille est une typique école de quartier à Brest. En tout, un peu plus 200 élèves, de la petite section de maternelle au CM2. Le nombre d'élèves reste plus ou moins constant ou en lègère augmentation depuis quelques années. Bien, l'année prochaine, si tout se passe comme prévu, cette école risque de perdre quatre postes : un poste de aide éducatrice qui est carrément supprimé, et trois postes dont le contrat finit le 6 juillet et qui à priori ne seront plus reconduits, une ASEH (assistante scolaire d'enfant handicapé) et deux EVS (emploi de vie scolaire), l'un en maternelle, l'autre en élémentaire. Ca fait quand même beaucoup pour une école.

Malgré tous ses défauts, l'école publique française reste l'un des meilleures d'Europe, et cella est beaucoup. Les mesures budgétaires de l'administration Sarkozy, avec ses coupures sauvages, ne s'attaquent pas aux problèmes de l'école, elles se limitent décréter des fermetures et des suppressions de postes avec l'espoir de faire quelques économies. Et ce sont nous enfants qui feront les frais. C'est pourquoi cette fois, et sans que cela fasse un précédent, je soutiens cette grève des enseignants.

1 : J'ai du mal à voir une vraie logique à long terme dans les propos qui disent qui à cause des conditions démographiques qui font que dans les cinq prochains années il y aura moins d'élèves au collège il faut réduire les effectifs, lorsqu'on sait bien que la tendance démographique s'est inversé depuis 2000, et que dans moins des dix ans on sera dans une situation où il y aura plus d'élèves au collège chaque année...

Rectification,
ou le besoin de corroborer ses sources

26 mars 2008 par Horacio Gonzalez
LiB et le gazole cher

Certains journalistes disent souvent que ce qui différence un blogueur d'un journaliste est que ce dernier est formé pour le métier de la diffusion de nouvelles, et qu'il a une étique et un savoir faire que le blogueur, simple amateur, ne peut pas avoir. Et une partie de cette étique est le fait qu'ils cherchent à corroborer leurs sources et que si par hasard ils se trompent, ils publient une rectification. Selon ces mêmes mauvaises langues, le blogueur publie des nouvelles sans aucun vérification et après il rectifie jamais.

Mon article de hier était erroné. J'étais parti d'une prémisse fausse, le baril de pétrole à 60 dollars en 2000. Or en 2000 le baril coûtait à peine 30 dollars. Et oui, ça change complètement la donne...

J'avais prix la donnée de 60$ le baril en 2000 dans un article de El Pais, le journal espagnol de plus grand tirage, un journal réputé sérieux avec des vrais journalistes, ceux qui ont cette étique et ce savoir faire professionnel desquels je vous parlais. Et je me suis senti tellement révolté, que j'ai voulu écrire un article, en adaptant les données aux prix français. L'idée de que l'article du journal pouvait être complètement erroné n'est même pas passé par ma tête.

C'est ce matin en me levant que j'a vu le commentaire de Gerald que je me suis posé la question, et si il avait raison ?

Je suis donc allé regarder sur plusieurs sites internet, et j'ai vérifié que effectivement, il avait raison, en 2000 le pétrole était à des maximums historiques... il touchait les 30$ le baril.

Évolution du prix du pétrole Brent depuis 1946

Je tiens à vous présenter mes sincères excuses pour le billet précédent. J'ai un peu honte, une simple recherche Google avant poster l'article m'aurait montré l'erreur, mais j'ai bêtement fait confiance à la réputation d'un journal. Ca ne se reproduira plus, la prochaine fois les journaux seront traités comme n'importe quelle autre source, avec une saine méfiance.

Réflexions sur le prix du gazole

25 mars 2008 par Horacio Gonzalez
LiB et le gazole cher

En 2000, un dollar valait 1,2 euros, et le baril de pétrole était à 60 dollars, c'est à dire 72 euros. A cette époque, le gazole coûtait autour de 5 francs le litre, quelques 0,75 euros.

En mars 2008, un dollar ne vaut plus que 0,65 euros. Avec ce taux de change, le baril de pétrole, qui a grimpé jusqu'au 105 dollars, ne coûte que 67,60 euros, c'est à dire moins que en 2000. Et le litre de gazole à la pompe nous coûte 1,30 euros, soit 73% plus cher.

Quelqu'un peut donc m'expliquer pourquoi aujourd'hui, avec un pétrole moins cher pour nous qu'en 2000, le litre de gazole coûte 78% de plus ?

Et pire encore, si le taux de change devient moins favorable, qu'est-ce qu'il va se passer ?

C'est en regardant un article de El Pais, après avoir dépensé beaucoup trop en remplissant le dépôt de ma voiture au retour de Rennes, que j'ai eu l'idée d'écrire cet article.

Mise à jour :

Ce billet est complètement erroné, j'ai crié au loup en dénonçant ce que j'ai vu comme une injustice, mais en partant de données complètement foireux. J'avais eu le prix du pétrole en 2000 dans l'article du El Pais, mais il se trouve que leur valeur est fausse, le pétrole valait 30$ le baril en 2000, pas 60$.

L'explication complète, et toutes mes excuses, dans le billet suivant.

Elections en Espagne :
la crispation politique

28 février 2008 par Horacio Gonzalez

S'il y a un mot qui définit bien la situation politique espagnole ces dernières années, c'est crispation. Du couloirs du Congrès au magasin du coin, des journaux télé aux pauses cafés, des journalistes politiques aux chauffeurs de taxi, des qu'on mentionne la politique, les coeurs s'enflamment. C'est presque impossible de rester neutre, tout vous force à choisir un camp.

La crispation

Un bon ami à moi est récemment parti à Madrid pour une mission de quelques mois, et il me raconte qu'une des choses qui le surprend le plus est l'omniprésence de la politique dans la vie quotidienne espagnole. La plupart des français qui ont débarqué en Espagne ces dernières années ont fait le même constat, la politique espagnole est très polarisée et l'agressivité entre les deux partis majoritaires, le PP et le PSOE, va beaucoup plus loin que les accrochages entre l'UMP et le PS ici.

Il faut dire que cette crispation ne vient pas d'hier, je me souviens bien les débats houleux au Parlament en 1989, avec José María Aznar qui accusait à Felipe González d'être le cerveau derrière les GAL et lui demandait de démissionner au cri de "¡Váyase, señor González!", "Partez, monsieur González !".

Mais depuis 2004, le niveau de crispation n'a pas cessé d'augmenter. Les attentats du 11-M, à trois jours des législatives, ont été un point d'inflexion dans la vie politique. Des le lendemain, des élections du 14-M Espagne s'est divisé dans deux camps presque irréconciliables, où tous les coups étaient permis, ou presque.

Ensuite, tout au longue de la législature, le ton montais au rythme des différentes actions du gouvernement, très soutenus par une partie de la population et considérées aberrantes par l'autre. La loi sur la mémoire historique, le mariage homosexuel, la réforme statut de Catalogne et surtout la négociation avec l'ETA ont contribué tour à tour à exacerber les esprits et accentuer cette crispation.

Et c'est dans cette ambiance de crispation que les deux leaders politiques se sont affrontés lundi dernier, deux candidats qui se connaissent bien, qui se détestent, qui s'affrontent jour au jour au Parlament depuis presque quatre ans.

Le débat
Image TV

Je me permets d'ajouter un commentaire personnel, qui n'engage que moi. Toute cette crispation politique est tellement plus inquiétant que ça va contre les piliers sur lesquelles l'Espagne démocratique est bâtie. Lors de la mort de Franco, toutes les forces politiques, de la droite aux communistes en passant par les nationalistes, ont fait un pacte. Pour éviter les actes de violence et de vengeance, tous ont cédé dans quelques points pour établir un cadre constitutionnel dans lesquelles tous les espagnols puissent cohabiter indépendamment de leurs sensibilités politiques.

La transition n'était donc pas une vraie réconciliation, plutôt un accord pour lequel les vainqueurs de la Guerre Civile acceptaient de passer à un régime démocratique et pluriel en échange de quoi les perdants acceptent de ne pas chercher vengeance ou réparation. Un pacte pour couvrir d'un lourd voile les années de la Guerre Civile et le franquisme et établir une nouvelle base sur laquelle construire une société démocratique qui ne soit pas plombé par les querelles du passé.

Et ces dernières temps il semblerait que, autant d'un côté comme de l'autre, ils sont près à ouvrir la boîte de Pandora pour des intérêt partisans. J'espère seulement que lorsque la nouvelle génération, née déjà en démocratie, arrivera au pouvoir, on pourra enfin tirer un trait sur le passé...

Elections en Espagne :
le Débat (I)

27 février 2008 par Horacio Gonzalez

Comme je vous disais hier, je vais faire quelques billets sur l'actualité politique espagnole, marquée par les élections législatives du 9 mars.

Le débat

La campagne électorale est démarrée la semaine dernière, et lundi soir il y a eu le premier grand moment de la campagne, un débat face à face entre les deux principaux candidats. Les deux leaders se sont donc mis d'accord pour faire un deuxième débat le 3 mars.

Dans la vie politique espagnole, ces débats sont assez exceptionnels, car il n'y a pas une tradition de débats publiques entre les candidats, comme c'est le cas en France. En Espagne il y a un seul précédent, le débat célébré en 1993 entre Felipe González et José Maria Aznar.

L'existence même de ce débat a été très critiqué par tous les partis minoritaires, car il considèrent que c'est réducteur, donnant une vision bi-partidiste qui ils considèrent anti-démocratique.

Les protagonistes

Je vais commencer par essayer de dresser un portrait rapide des deux leaders qui s'affrontent dans cette campagne, l'actuel président, le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero et son rival, le chef de l'opposition, Mariano Rajoy.

Le débat
Image TV

José Luis Rodríguez Zapatero

José Luis Rodríguez Zapatero

L'actuel Président du Gouvernement espagnol est aussi le Secrétaire Général du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol).

Lorsqu'on parle de lui, autant ses sympathisants que ses détracteurs ont tendance à l'appeler simplement par son deuxième nom de famille, Zapatero, ou même "ZP" (sigles qu'à l'origine voulaient dire "Zapatero Président", mais qui sont devenu un acronyme de son deuxième nom de famille.

Après l'échec dans les législatives de 2000, le PSOE avait besoin de réformes. Rodríguez Zapatero s'est présenté à la direction du parti. Il était le candidat outsider, il était inexpérimenté et il n'appartenait pas à la vielle garde. A la fin il a été nommé Secrétaire Général par une poignée de voix.

Après quatre années dans l'opposition, où il a fait preuve d'un style politique très personnel, qu'il appelait "l'opposition tranquille". Ce style, autant admiré par ses sympathisants que critiqué par ses détracteurs, s'est considérablement durci en 2003, avec le soutien du gouvernement d'Aznar à la guerre en Iraq.

Il est devenu Président du Gouvernement en 2004 après une campagne électorale tragiquement marquée par les attentats du 11-M à Madrid, dont l'influence dans le résultat des élections reste indéniable mais difficile à quantifier.

Sur les 4 années de son mandat, pour essayer de garder une certaine objectivité, je vais me limiter à citer la Wikipedia :

Les deux premières années du gouvernement Zapatero ont été marquées par le retrait des troupes espagnoles d'Irak, la légalisation du mariage homosexuel avec droit à l'adoption, une nouvelle régularisation massive d'immigrés clandestins, la réduction dans les écoles du poids de la religion, l'offre d'un dialogue visant à en finir avec le terrorisme basque de l'ETA, une « Alliance des civilisations » avec le monde musulman, l'appui au néonationalisme catalan dans un projet fédéraliste de refonte des autonomies régionales et la création d'une commission interministérielle pour élaborer, par respect à la « mémoire historique », un projet de loi rendant justice aux victimes du franquisme (ouverture de fosses communes de la Guerre civile, révision des procès de républicains condamnés, indemnisation des familles de fusillés, blessés et emprisonnés).

Par une politique de dialogues et de concertation, José Luis Rodríguez Zapatero et son actuel ministre de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba obtiennent le 26 mars 2006 une trève des attentats de l’ETA, interprétée comme le premier pas vers l’obtention de la paix dans le Pays-Basque. Ce processus, qualifié de "long, dur et difficile" par Zapatero, reste encore marqué par des actions d'extorsion du groupe terroriste contre quelques chefs d’entreprise en Euskadi et surtout en Navarre. Le 30 décembre 2006, ETA commet un attentat contre l'aéroport de Madrid à Barajas. Deux Équatoriens meurent dans l'explosion. Le ministre de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba déclare le processus rompu. Le Parti populaire accuse à plusieurs reprises le gouvernement de maintenir des contacts avec la bande armée.

Mariano Rajoy

Mariano Rajoy

Mariano Rajoy est le Sécretaire Général du PP (Parti Populaire), qui serait l'équivalent de l'UMP en France (d'ailleurs tous les deux sont partie du Parti Populaire Européen).

En 1989, lors de l'élection de José María Aznar comme candidat du PP à la Présidence du Gouvernement, Mariano Rajoy est nommé membre de l'exécutive nationale et vice-secrétaire du parti.

Après un échec dans les législatives de 1993, le Parti Populaire remporte les élections en 1996, et Aznar devient Président du Gouvernement. Rajoy devient donc Ministre des Administrations Publique et ensuite il tourne dans plusieurs ministères jusqu'à 2003 (Ministre de la Culture, Vice-Président, Ministre de l'Intérieur, Porte-parole du Gouvernement, Ministre d ela Présidence).

En 2003, lorsque Aznar annonce qu'il ne se représentera plus, Mariano Rajoy devient le candidat du PP à la Présidence du Gouvernement. Il perd les élections face à Rodríguez Zapatero dans les conditions dont je vous ai déjà parlé.

Depuis, devenu chef de l'opposition, Mariano Rajoy mène une politique très critique contre le gouvernement, en lui reprochant, entre autres, ses positions sur l'émigration, la relation avec les États Unis ou les unions homosexuelles. Mais ses deux axes principaux de lutte contre l'exécutive de Zapatero sont la reforme du statut de la Catalogne, qui est perçue par le PP comme un démantèlement de l'unité nationale, et les négociations avec l'ETA.

Ne oublions pas l'hôte

Manuel Campo Vidal

Le maître de cérémonies du débat de hier soir est Manuel Campo Vidal, l'un des journalistes le plus respecté du panorama audiovisuel espagnol.

Il a une longue tradition dans les débats des candidats aux législatives. En 1993 il a modéré le premier débat face à face de l'histoire de la télévision en Espagne, entre Felipe González et José Maria Aznar.

Conclusion

Voici donc pour cette présentation du contexte du débat et des candidats. Dans un prochain billet j'essayerai de résumer les points clés de cette lutte dialectique entre ces deux hommes qui se connaissent et se détestent depuis longtemps.

En attendant, donnez-moi un peu de feedback, s'il vous plaît. Ca vous intéresse ? Ca vous ennuie ? Ca vous laisse complètement indifférents ? Et sur mes petites caricatures, vous pensez quoi ? :wink_ee:

Elections en Espagne :
j'ai eu une drôle d'idée

26 février 2008 par Horacio Gonzalez
Lectures et notes de L.i.B.

Le 9 mars prochain est une journée électorale, c'est le jour du premier tour des élections municipales ici en France. Mais ce qui peut-être vous ne savez pas encore c'est que le 9 mars c'est aussi une journée électorale en Espagne, c'est le jour des élections législatives.

Normalement je préfère ne pas me mêler à la politique, et moins encore à la politique espagnole, qui se caractérise ces dernières années par un degré de crispation qui ferait que les relations entre l'UMP et le PS semblent cordiales par comparaison.

Mais hier soir, en faisant un peu de zapping, je suis tombé sur LCP, qui diffusait en direct le débat télévisé entre les deux principaux candidats à la présidence du gouvernement espagnol, l'actuel président, le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero et son rival, le chef de l'opposition, Mariano Rajoy.

Et du coup je n'ai plus pu décrocher, malgré une traduction simultanée plutôt pénible de laquelle je me serais bien passé :wink_ee:.

Hier aussi, en lisant le nouveau blog d'actualité de Martin "Everland" Vidberg, l'Actu en Patates, j'ai envie de dessiner l'actualité moi aussi, je me demandais qu'est-ce qu'il donnerait avec mon style. J'ai même fait un Sarkozy version Order of the Stick. Mais je me suis dit que je ne serait pas à la hauteur des patates de M. Vidberg, alors je l'ai mis de côté.

Et ce matin, mon cerveau à moitié endormi a fait le lien entre les deux événements, je pourrais faire quelques dessins sur l'actualité espagnole :clap_tb:

En plus, étant donné qu'on n'en parle pas trop dans les média français, il se pourrait même que si je mets les liens qui vont bien et j'essaie de faire un petit décryptage, quelqu'un trouve ça intéressant. Donc ce soir, je vais me mettre sur Inkscape, et je vous montrerai demain le résultat.